50 nuances de vide

Bienheureux le jury du Festival Premier Acte d’Onet le Château  qui pouvait rêver, s’évader, consulter ses mails en toute impunité… voire même s’assoupir sans regret au besoin car la troupe qui se produisait samedi soir à La Baleine était hors compétition. Bienheureux les spectateurs qui ont su se glisser dans l’obscurité de la salle pour s’éclipser subrepticement le plus tôt possible. Bienheureux les fans de foot qui avaient préféré le moelleux de leurs canapés pour suivre la dernière journée du championnat en multiplex devant leur télé. Bienheureux tous ceux qui ont profité de la Nuit européennes des Musées 15ème édition pour s’en mettre plein les yeux. Tous ont su s’éviter le pire: s’infliger in extenso « Théâtrogrammes » un texte signé Gérald Chevrolet tout de vacuité et d’indigence, entre je-m’en-foutisme et lapalissades, une succession sans queue ni tête de situations incohérentes que l’on peut à la rigueur concevoir comme sujets pour travailler l’improvisation ou comme ateliers pour adolescents pré-pubères impatients de monter sur des planches pour la première fois, mais en aucun cas à présenter à un public friand de théâtre. On compatissait pour la troupe venue de Bordeaux et ses jeunes comédiens enthousiastes, lesquels se démultipliaient avec beaucoup de fraîcheur et de spontanéité, hélas en vain. Ils semblaient prisonniers comme des hamsters dans une cage, cherchant désespérément une issue, laquelle se dérobait toujours… jusqu’aux parodies de Queen… On les plaignait vraiment de s’être fourvoyés dans une telle galère. Un célèbre cinéaste disait jadis « Il faut trois bonnes choses pour faire un bon film: d’abord une bonne histoire, puis une bonne histoire et enfin une bonne histoire »… une remarque valable pour tous les types de spectacle! Une des répliques prononcée par un des personnages dans un éclair de lucidité résume au mieux ce gloubi-boulga d’inepties: « Ceci n’est pas du théâtre » on ne saurait mieux dire!  C’est dire si le public qui est resté jusqu’au terme de ce calvaire a fait preuve de politesse, de mérite, voire d’abnégation sans limite… S’il s’agissait de « revisiter l’histoire d’amour entre acteur et spectateur » sic, c’est franchement raté… par contre si l’objectif était de produire du néant avec des riens, le pari est tenu haut la main…                                                                                                                       Mais comme on ne tire pas sur une ambulance, de cette soirée pathétique on ne retiendra que le nom de l’auteur: pour être bien sûr de ne plus jamais le recroiser!

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