Saké soirée

Cosplay, un mot valise composé des mots anglais costume et play, l’art et la manière de se faire plaisir en se glissant dans la peau de personnages essentiellement de mangas et autres comics, un mot qui vient tout juste d’être admis dans le dictionnaire cuvée 2018 mais aussi nom d’un club de la M.J.C. de Rodez, où se retrouvent régulièrement des passionnés du Japon, de ce style de B.D jusqu’aux sushis qu’ils concoctent et font volontiers partager ou des techniques de l’origami dont ils ont assuré plusieurs séances d’initiation dans les locaux de la médiathèque etc… Rien de surprenant donc qu’ils se soient donnés rendez-vous mercredi dernier dans la petite salle pour la diffusion d’un film d’animation sélectionné par leurs soins « Your name » de Makoto Shinkai sorti en 2016, lequel a explosé le box-office local! C’était aussi l’occasion pour les nombreux adhérents présents de se parer de leurs plus beaux kimonos comme leur présidente Yûki ou de devenir un fantastique guerrier de l’empire du Soleil Levant… Ce long métrage raconte comment deux adolescents que tout oppose vont voir leurs existences respectives être bouleversées. Elle, lycéenne dans un petit village à la campagne « où il ne fait beau que deux semaines par an » ne rêve que de découvrir la capitale et sa vie trépidante, lui, même âge, scolarité similaire, version plus dilettante, habite Tokyo, traîne avec sa bande de copains ou gagne un peu d’argent comme serveur dans une pizzeria italienne… Sauf que, pour faire bref, puissance des rêves, explosion de météorite et uchronie aidant, ils échangent leurs corps et vivent à intervalles réguliers dans le monde de l’autre… Le réalisateur nous propose autant de la symbolique sur l’identité ou une allusion à la catastrophe de Fukushima, qu’une allégorie sur son pays, présenté comme un mélange d’urbanisme démesuré face à un certain idéalisme rural, la temporalité immuable, et même une touche de religion shinto… Un côté bluette à l’eau de rose toute de naïveté guimauve, de l’autre de vraies réflexions plus subtiles, le tout enrobé de force chansonnettes sucrées… mais en respectant bien évidemment les codes de la bienséance nippone comme les écolières en jupette et soquettes blanches ou la pudeur et la retenue des sentiments qu’on éprouve… De quoi séduire le jeune public par son romantisme bon teint mais avec toujours les mêmes réserves récurrentes quant à certains films d’animation produits par les studios japonais comme ce côté saccadé des mouvements ou les traits de visages des héros trop stéréotypés… Une vision Pokémon à grande échelle qui manque de fluidité…

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