De l’oc à l’âne

C’est aussi farfelu que référencé, iconoclaste que foutraque, de l’érudition qui ne se prend pas au sérieux mâtinée d’anachronismes et de digressions totalement loufoques… le tout avec un humour à haute dose dopé à l’autodérision et à la mauvaise foi revendiquées avec force calembours et autres bons mots… autrement dit un spectacle délicieux qui se déguste comme  « un confit de canard pommes sarladaises à la truffe noire » , le même qui aurait à lui seul stoppé les arabes bien avant Poitiers… car dans « l’Occitanie pour les nuls » Florant Mercadier ne fait pas dans la demie mesure et nous en apprend de bien bonnes dans tous les domaines: depuis les troubadours « vaches sacrées » de l’imaginaire chez nous, auxquels comme tout un chacun l’ignore injustement on devrait les premières envolées poétiques déclinées version rap à faire pâlir Oxmo Pucino ou M.C. Sollar eux-mêmes, les croisades ou les délices de l’adultère, les Cathares… Et que dire de l’arrivée impromptue de Joseph et Marie en quasi squatters chez le bœuf et l’âne avec la naissance du Christ suivie de l’arrivée des rois mages requalifiés en United Colors of Benetton etc… etc… Quant à l’analyse, que dis-je, la dissection de l’emploi de l’emblématique « macarel » avec toutes ses nuances plus cocasses et bien senties les unes que les autres, on frise le délire absolu…  On sourit, on pouffe, on se régale, tant ce spectacle rebondit en permanence de légers pas de coté en folies douces exubérantes totalement improbables. Aussi bien en occitan qu’en français, ce conteur volubile ajoute aussi à son exposé tendancieux à souhait de la musique sur des instruments traditionnels comme la vielle à roue ou la cabrette (rédhibitoire pour draguer sic) et aussi ici ou là quelques chansons… Où l’on apprend ainsi subrepticement que l’auteur présumé de « Se canta » Gaston Phébus, comte de Foix, avait des mœurs disons plutôt rustiques et « en même temps » un coté très fleur bleue à faire soupirer les chaumières… le fameux « oh-quand-même ! » de nos bien-aimées grands-mères, ce qui ne manque ni de sel ni d’à-propos… Présenté hier en soirée dans la petite salle de la médiathèque, en prélude à la prochaine Estivada, ces élucubrations fantaisistes hautes en couleurs méritent un plus large public et devraient être reprogrammées au plus vite dans une salle plus importante tant ce spectacle est un petit bijou d’intelligence impertinente. Un régal.

Publicités
Cet article, publié dans Divers, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s