The end

C’est un film tout en pudeur et retenue, où les personnages se frôlent, les échanges se font furtifs, les paroles mesurées et les gestes à peine ébauchés, où les regards suffisent pour se comprendre, les silences souvent plus éloquents que nombre d’effusions, en dire long avec un minimum de mots pour toucher à l’intime…                        De nos jours, au hasard d’un courrier imprévu, des souvenirs affleurent et se font à la fois mélancoliques autant que passionnés chez un retraité sexagénaire, lequel tient à Londres une petite boutique de réparations d’appareils photos, uniquement des Leica, le must du genre avec lesquels il a pris tant de clichés… De nombreuses années sont passées depuis qu’il était étudiant à Cambridge, où il était tombé fou amoureux d’une jeune fille, laquelle, avait fini, hélas pour lui, par préférer son meilleur ami. Bizarrement, à sa mort, la mère de celle-ci, lui lègue un journal intime… Sauf qu’obtenir ce calepin nécessitera pour lui tant de démarches et de se replonger dans sa mémoire pour revivre nombre de rencontres et d’émotions qu’il croyait définitivement enfouies… « À l’heure des souvenirs » de Ritesh Batra, c’est donc mêler passé et présent, fulgurances et déceptions, secrets enfouis et retrouvailles douloureuses, sans cesse tiraillé entre regrets dévorants, remords inavouables et culpabilité tue… des sentiments d’un infinie délicatesse brodés des fils d’une existence dont on n’est pas forcément totalement satisfait… C’est dire si le sujet est aussi ténu que d’une totale évidence tant il entre en résonance avec le vécu de chacun de nous… le parcours d’une vie faite de multiples expériences, de hauts et de bas que l’on détricote patiemment pour faire le point à l’automne de sa vie, l’ampleur et la difficulté de ce cheminement illustrés par l’imbrication minutieuse dans le quotidien de ces flash-back qui éclairent ce temps qui nous échappe trop vite… un labyrinthe de non-dits, un dédale tortueux dont il faut réussir à s’extraire pour renouer avec les autres et donc in fine avec soi-même. La caméra sait se faire d’une extrême discrétion pour accompagner les deux acteurs principaux, Charlotte Rampling et Jim Broadbent, absolument parfaits d’ambivalence et de complexité.                                                                                                        Un film touchant, modèle de subtilité fragile, adaptation d’un roman de Julian Barnes, dont il ne faut pas se priver, en vo bien sûr.

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