Block-notes

« Un témoignage rare, émouvant sur un épisode méconnu de l’Histoire: la déportation des prisonniers de guerre français dans des camps de travail », c’est le résumé en quelques lignes que l’on peut lire sur la quatrième de couverture de cet album grand format paru aux éditions Sarbacane… Tout débute avec une famille réunie pour les obsèques du grand-père… En rangeant la maison, réapparaît un vieux carnet de moleskine noir, oublié à l’abri dans un secrétaire pendant plus de 60 ans, (dont on découvrira quelques pages jaunies agrémentées de photos à la toute fin), un carnet dans lequel, méticuleusement, un jeune maraîcher de 27 ans mobilisé dès septembre 1939, consignera jour après jour son quotidien de soldat puis très vite de prisonnier envoyé au stalag IV à Müllberg, matricule 18 864,  où il arrive le 23 mai 1940. Ce petit calepin offert par sa jeune fiancée avec quelques crayons le jour du départ de son petit village de Douet pas très loin de Nantes, au départ pour qu’il lui écrive, et, in fine, où il racontera sa vie de tous les jours notamment ses conditions d’internement « à la mine de plomb, d’une écriture serrée et minuscule »… Prisonnier pendant cinq très longues années comme environ 1 800 000 soldats français capturés au cours de la débâcle de mai/juin 1940 avant un retour douloureux qui aura duré trois mois et les difficultés de réinsertion dans une France de l’immédiate après-guerre, voilà la genèse de ce journal de bord dont Florent Silloray, illustrateur jeunesse de formation, va s’emparer pour partir sur les traces de son ancêtre jusqu’en Prusse orientale. « Le carnet de Roger  » dont il  partage les textes autant que les dessins avec le héros, mêle des planches sépia pour davantage d’authenticité des années de conflit à d’autres en couleurs pastel pour l’époque actuelle… Les mêmes lieux, les mêmes bâtiments, ou ce qui l’en reste, pour refaire le même chemin… exode d’une armée en déroute pour l’un, pèlerinage presque existentiel pour l’autre… deux itinéraires parallèles mais convergents lesquels, au gré de rencontres ou de découvertes, s’éclairent mutuellement… initiatique autant que nécessaire pour le petit-fils qui parcourt ainsi en vitesse accélérée des décennies de silences et de souvenirs… où une histoire familiale aussi intime balaye le destin collectif…                                                                              Un hommage inspiré rendu à son aïeul mais aussi à tous ceux qui partagèrent ces années de captivité. Magnifique.

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