Poings d’orgue

Que l’on s’intéresse à la boxe ou pas, un nom revient toujours très vite à l’esprit, celui de Mohamed Ali, né Cassius Clay à Louisville dans le Kentucky, champion olympique à Rome en 1960 à l’âge de 18 ans, lequel se convertira à l’islam quelques années plus tard avec en parallèle son changement de patronyme. Sa vie est un résumé fulgurant de l’Histoire politique et sociale de l’Amérique des années 60 et 70 marquée par la lutte des Noirs pour les Droits Civiques symbolisée par Martin Luther King ou Malcolm X, la guerre du Vietnam qu’il refusera de faire en tant qu’objecteur de conscience ce qui lui vaudra d’être interdit de ring et de facto déchu de ses titres… Sa personnalité adulée autant que controversée a été tout particulièrement mise en lumière lors du fameux « combat du siècle » face à George Foreman qui eut lieu à Kinshasa au Zaïre pays alors dirigé par un dictateur sanguinaire de la pire espèce «le citoyen Président-Fondateur Mobutu Sese Seko Kuku Ngendu Wa Za Banga» sic, de son nom complet, lequel signifie rien moins que «Mobutu le guerrier qui va de victoire en victoire sans que rien ne puisse l’arrêter», resic… un fou furieux mégalo absolu, soucieux de reconnaissance internationale… Le combat se déroula le 30 octobre 1974 à 4 heures du matin pour complaire au prime-time des télévisions US. dans un stade survolté et archi plein, lequel encourageait son champion aux cris de « Ali bomayé »-Ali tue-le-, face à son adversaire décrié comme le « nègre de service » ou « nègre blanc », tant ses prises de positions sont aux antipodes… deux visions des Etats-Unis totalement opposées. C’est ce combat mythique que la Compagnie La Volige a choisi de revisiter avec sa création « Ali 74, le combat du siècle » proposée hier soir à la Baleine, laquelle combine images d’archives projetées en fond de scène, musique live et surtout récit plus intemporel décliné au fil des rounds par un conteur captivant à la voix très radiophonique. Ou comment l’oralité d’un discours à vocation universelle permet de dépasser le cadre strict d’un ring pour en souligner tous les enjeux sous-jacents, géopolitique, sociétal et autre… Pari réussi pour la bande à Bonneau, Nicolas de son prénom qui porte ce spectacle de bout en bout, lequel se prolonge quelques minutes par des images actuelles du pays dont celles du stade qui abrita l’événement, déserté et tombant en ruines…                                                                                       En complètement ne pas manquer la BD, chroniquée par ailleurs, « Chaos à Kinshasa » sur ce même sujet.

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