Fiché R

R comme résistant, R comme révolutionnaire, R comme Rayman, Marcel de son prénom, et R comme rouge, couleur de l’affiche que les nazis et le régime de Vichy placardèrent à plusieurs milliers d’exemplaires pour annoncer les condamnations à morts en février 1944 d’un groupe de 23 membres des Francs-Tireurs Partisans- Main d’Oeuvre Immigrée (FTP-MOI). Ces activistes connus sous le nom de groupe Manouchian étaient pour la plupart étrangers ou apatrides, juifs rescapés de la rafle du Vel d’Hiv, communistes, anciens de la Guerre d’Espagne et des Brigades Internationales, italiens fuyant le fascisme… tous engagés contre la barbarie multipliant les actions spectaculaires, distributions de tracts, sabotages et attentats en tous genres contre l’occupant… La bande dessinée « Vivre à en mourir », parue aux éditions Le Lombard, citation de la fin du poème hommage de Louis Aragon, nous immerge dans la vie de Marcel Rayman, et de sa famille, ce jeune juif polonais qui n’hésitera pas à s’engager dans la lutte armée malgré son très jeune âge, il n’a pas encore 20 ans, se lançant dans des actions de plus en plus dangereuses… Il sera fusillé avec ses camarades au Mont-Valérien. Rendre palpable l’angoisse du quotidien des juifs persécutés par la police française complice autant que retracer fidèlement plusieurs des actions d’éclats du groupe dont l’assassinat du général Julius Ritter qui supervisait le Service du Travail Obligatoire en France, montrer comment face à la diffusion de nouvelles de plus en plus terrifiantes sur la déportation et les camps, le courage de quelques-uns déterminés peut changer le cours de l’Histoire, voilà quelles sont les ambitions de ce livre passionnant qui remet en lumière l’importance de ces unités combattantes, ce qui deviendra très vite un épisode mythique et un symbole de la Résistance… Clandestinité, filatures, oppression et climat de peur permanent, trahison des uns et bravoure des autres, on suit pas à pas ce héros dont on pressent très tôt le destin tragique… Seul son jeune frère Simon survivra, reviendra de Buchenwald et témoignera. Un scénario bien documenté de Laurent Galardon, des dessins soignés et réalistes de Jeanne Puchol, lesquels détaillent l’intime d’un parcours de vie hors du commun, le tout mis dans le contexte de la propagande d’époque avec fac-similés d’affiches, tout concourt pour rendre cet album poignant.                                                              À lire absolument pour ne pas oublier.

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