Musiciens sans frontières

C’était une soirée inhabituelle hier soir à la Baleine, une salle qui affichait complet depuis un mois pour ce concert interculturel qui concluait la Semaine de lutte contre les discriminations. Un projet artistique transversal qui regroupe l’Orchestre à cordes issu de différentes antennes du Conservatoire de musique de l’Aveyron, la classe de danse orientale de Virginia Milan Romero, les élèves engagés dans l’expérience « Orchestres à l’école » de Rodez Gourgan et Onet les Genêts, la classe à horaires aménagés musique du collège des Quatre Saisons, des arrangements électro-acoustiques assistés par ordinateur et le groupe Dervish TanDances, en partenariat avec la Fabrique d’Initiatives Citoyennes d’Onet et l’Association Prodiges. Le programme de « Fabrik Ahbik » est donc particulièrement éclectique: tout d’abord une œuvre originale « Suite féerique » que l’on doit aux deux organisateurs de la soirée, laquelle met à l’honneur une centaine d’instrumentistes, puis des chansons d’Oum Khaltoum, célébrissime chanteuse égyptienne, icône du monde arabe, pour mettre tout spécialement à l’honneur les accords harmonieux du violon et de l’oud, ou un traditionnel turc notamment… Le plus envoûtant, incroyablement hypnotique et spectaculaire restait à venir. Dervish TanDance c’est un ensemble tout en nuances de voix de slam, de mélopées susurrées et de sonorités subtiles pour accompagner un danseur exceptionnel de tanoura. Un style proche de la gestuelle des derviches tourneurs qui ont fait la réputation de la ville de Konya en Turquie par exemple, entre mystères et incantations, mais en plus flamboyant par le costume d’abord, la jupe de plusieurs épaisseurs, mélange de couleurs éclatantes et incrustée de lumières, ou les accessoires qu’il possède comme les tambourins avec lesquels il décline une multitude de poses… Et que dire de ces moments inoubliables quand Ibrahim Hassan quasiment en transes fait tournoyer sa jupe dédoublée y compris au-dessus de sa tête pour des figures réellement époustouflantes, éclatantes de virtuosité technique autant que festive… On en prend plein les yeux, c’est juste absolument magique. Un final somptueux pour « transmettre par la beauté, le partage et l’émotion un message de paix et de tolérance » pour reprendre les mots de Francis Estèves à l’origine avec Christian Clavère de ce kaléidoscope protéiforme particulièrement réussi.

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Un commentaire pour Musiciens sans frontières

  1. merci pour ce bel article !

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