Égal ou ego

Un malaise de plus en plus diffus qui va crescendo, l’exemple même de la confusion et de l’hypocrisie sous couvert d’ironie ou de parodie… « We Love Arabs » présenté hier à la M.J.C. de Rodez revient sur la création chaotique d’un spectacle dirigé par un chorégraphe juif israélien lequel a absolument besoin pour son projet d’un danseur arabe. Au titre, on pourrait s’attendre à un hymne a minima à la coexistence, voire mieux à la fraternité, comme un slogan tout droit venu du mouvement « La Paix maintenant »… Or ce n’est pas du tout de cela dont il s’agit. Se mélangent deux problématiques: d’une part, celle plutôt bien vue du metteur en scène aussi hautain et imbu de lui même que bouffi d’orgueil et pétri de science infuse, lequel seul maître à bord décide sans état d’âme face à une marionnette dont il tire tous les fils, et, d’autre part, beaucoup plus insidieux le rapport dominant/dominé,  ce qui dans le contexte du conflit israélo-palestinien est clairement bien plus ambigu. Sous couvert de réflexions sur « l’identité ou l’altérité » ou « la complémentarité du yin et du yang » c’est un discours dégoulinant de condescendance qui nous est servi. Car bizarrement ce spectacle, c’est d’abord du verbe et la danse se réduit à une infime portion: quelques échanges ici ou là et un final de moins d’un quart d’heure! Par contre question logorrhées filandreuses teintées de clichés éculés et autres questionnements supposés fondamentaux sur « le processus de création … les relations corps et espace qui créent une expérience de plénitude et de perfection » sic, on ne lésine pas… et que dire de ceux concernant l’interprète arabe de service, chrétien qui plus est pour faire bonne mesure… Le mur qui sépare les communautés n’en devient que plus présent et témoin du climat géopolitique délétère actuel au bord de l’explosion. Quant à la séquence houmous utilisé comme maquillage commun, puis in fine comme hostie œcuménique, on ne sait s’il faut en rire ou en pleurer… quand le burlesque devient grotesque… Le cercle vicieux qui enserre chacun des deux protagonistes si éloignés n’en n’est que plus infranchissable… ce que la discussion qui suivra la représentation confirmera quand, en réponse à un spectateur, le metteur en scène expliquera clairement que ce spectacle n’a jamais été ni monté ni vu dans les Territoires occupés ni à Jérusalem-Est… en toute mauvaise conscience, bien sûr…                Une imposture totale.

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