French cancans

Cité des Margoulettes, banlieue parisienne, un immeuble d’où l’on entre où l’on sort, chacun connaît plus ou moins le voisinage et fantasme sur la vie qui s’y cache… et au milieu, passage obligé pour qui ne veut rien ignorer de tous les potins, les ragots et autres commérages, l’incontournable salon de coiffure connu sous le titre de « Pamela-coiffure-boutique-domicile » où l’on se gausse des uns, jalouse les autres… On se moque gentiment ici, on brocarde là, on persifle ou on déblatère sur tout un chacun… ce qu’un personnage résume d’une réplique définitive: « Nous, on ne médit pas on s’intéresse! » À voir… S’y croisent la pipelette locale qui a l’œil sur tout et tous, accent ibérique à couper au couteau, laquelle adore se faire appeler Jennifer au lieu de Maria-Dolorès supposé moins glamour, la patronne, blond vénitien revendiqué, soleil dans la voix, un transformiste de cabaret connu sous son nom d’artiste Samantha à la recherche de sa chatte disparue, la bourgeoise pur jus, en goguette au delà du périphérique, venue rendre visite à sa famille: sa petite-fille interdite de sortie par son médecin et sa mère qui ne voulant pas qu’elle reste seule, préfère la confier à leurs gardes… « Les Voisines » texte et  mise en scène de Nathalie Albar avec une interprétation très bon enfant de la troupe toulousaine Compagnie Abisto ne manque pas d’allant. Un microcosme de six personnages comme un panel sociologique où générations et cultures différentes se mêlent et s’enrichissent mutuellement et qui, l’air de rien, en dit beaucoup sur la société actuelle. Dans la même veine, on pense par exemple au film de Philippe Le Gay « Les femmes du 6 ème étage »… Quiproquos et malentendus nourrissent l’intrigue, un soupçon caricaturale pour évoquer les niveaux de langage, mais sincère et truculente pour décrire une atmosphère où la convivialité et la bonne humeur sont communicatives. C’est sympathique et sans prétention, tous les comédiens sont homogènes et jouent sur le même registre hâbleur, bravache voire fanfaron avec une mention spéciale à la très jeune Juliette laquelle a beaucoup de présence, de spontanéité, et un sens du rythme indéniable en particulier au final quand, perfecto sur le dos et micro en mains, elle incarne plus vraie que nature un célèbre rocker exilé fiscal notoire. Elle a d’ailleurs été récompensée d’un prix d’interprétation ex-æquo amplement justifié décroché dimanche au festival de ThéâtraVallon.                                                                                                                                        Un spectacle enlevé pour passer un bon moment… où l’on se prend volontiers à fredonner à la sortie la chanson éponyme de Renan Luce…

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