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Un triangle amoureux, éternel sujet qui se confond depuis la nuit des temps avec la comédie humaine et donc in fine avec l’histoire du théâtre où le pire,- le boulevard le plus ringard perdure de façon inexplicable-, côtoie le meilleur, la tragédie antique ou le drame shakespearien notamment… Cette fois on navigue dans l’entre deux avec une différence de taille qui aurait fait blêmir d’effroi Christine Boutin, car ici ce n’est pas le sempiternel trio: femme volage, mari décati et amant caché dans le placard, mais l’histoire d’un homme qui après avoir été marié à la mère de son fils vit maintenant pleinement une nouvelle relation homosexuelle… Le rideau se lève qui découvre son salon: bar avec guirlandes lumineuses incrustées, banquette vaguement imprimée léopard, tableau quelconque accroché au mur mais tout le registre high tech pour écouter de la musique, classique comme il se doit… Voilà pour le décor de « Jean est assis dans le sofa » d’Arch Stenton, un pseudonyme, présenté en ouverture de la deuxième journée de ThéâtraVallon à Marcillac dans une mise en scène de Laurent Cornic pour la Compagnie Théâtre pour demain et après. Le héros, la cinquantaine, traverse une période de doutes existentiels entre son nouvel amant pas franchement recommandable car empêtré dans des affaires louches et son ex laquelle se rappelle à son bon souvenir… Un texte écrit dans une langue gouailleuse, version malfrat style San Antonio mâtiné Alphonse Boudard, ponctuée de globish, des vapeurs de Cage aux folles en guise de clichés, ou d’expressions récurrentes telles « mon canard » mais qui n’en parle pas moins de problématiques beaucoup plus actuelles, voilà pour l’atmosphère… C’est ainsi qu’on y évoque par exemple le post-colonialisme en Afrique, le Botswana en l’occurrence, lequel sert d’exutoire pour des trafics en tous genres où faire fortune sans scrupule etc… Paradoxalement plus que les rapports passionnés et que l’on devine mortifères entre les deux personnages masculins, manipulateur, gigolo et maître chanteur accro à la coke face à un individu qui ne sait plus trop où se situer, c’est le rôle moins en évidence de l’épouse qui donne le tempo car c’est elle l’étincelle qui produira la déflagration fatale…                  Les trois comédiens insufflent beaucoup d’eux-mêmes dans ce spectacle dont c’était samedi la première. Ponctué par une musique obsédante de boite à musiques, il ne peut que se bonifier au fil des représentations.

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