Post scriptum

Comment un journal américain à l’origine plutôt localier et à la diffusion assez limitée va se saisir d’un secret politique longtemps étouffé pour se transformer en un des plus beaux fleurons de média d’investigations, au tirage conséquent et à l’influence incontestable… c’est du Washington Post dont il est question dans « Pentagon Papers » titre du film éponyme de Steven Spielberg, et de la publication par celui-ci contre vents et marées dès juin 1971 de documents classés confidentiels étalés sous plusieurs présidences sur la stratégie des U.S.A. dans le bourbier du Vietnam. Colère noire de la Maison Blanche, pression des actionnaires, injonctions judiciaires pour interdire toute enquête etc… c’était sans compter sur la détermination de Daniel Ellsberg, fonctionnaire envoyé sur le terrain pour analyser ce conflit lequel, premier lanceur d’alerte de l’histoire, au vu de décisions prises par le Secrétaire à la Défense décida de photocopier quelques 7000 pages ultra-confidentielles pour les communiquer tout d’abord au New-York Times qui dut cependant surseoir à poursuivre de les publier après qu’un juge eut considéré que cela mettait en jeu la sécurité du pays. Le rédacteur en chef du Post, Ben Bradlee récupérera le scoop et après accord de sa patronne la très mondaine Katherine Graham, pourtant très liée au milieu politicien de l’époque lui donna le feu vert pour ce qui devint un des plus gros scandales d’état et contribua à retourner définitivement l’opinion publique sur cette guerre qui n’en finissait pas. C’est donc un film à haute valeur géopolitique ajoutée qui s’attache tout particulièrement à ces deux personnages très emblématiques: manque de confiance et de reconnaissance pour elle qui est snobée dans son milieu, opiniâtreté et intransigeance pour lui… jusqu’à risquer de tout perdre: la viabilité du journal et de ses salariés, mais aussi la prison en ligne de mire potentielle… Le film se prolonge juste après la victoire devant la Cour Suprême par le cambriolage nocturne de l’immeuble du Watergate lequel scellera définitivement la réputation du journal -cf « les hommes du Président » d’Alan Pakula- et entraînera la démission du Président Nixon… Un plaidoyer lucide et convaincant sur la liberté d’expression avec Meryl Streep et Tom Hanks absolument parfaits et qui consacrera in fine le contre-pouvoir essentiel et indispensable de la presse libre dans toute démocratie.                                            Ce film encore à l’affiche toute la semaine à voir en V.O. bien sûr est de salubrité publique absolue à l’heure des fake news dont Trump se gave jour après jour.

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