Les toiles mystérieuses

« Oh Suzanna » du nom composé de celui des deux héroïnes de la pièce, et clin d’œil d’évidence au folklore américain, est un texte de Pierre Foucault qui lorgne du côté de la fantaisie policière. Nous sommes en 1961 à Munich, c’est à dire à peine sorti de la seconde guerre mondiale et avant le procès de Francfort lequel verra enfin la justice allemande poursuivre elle-même d’anciens nazis sur son sol. Il y est question de la spoliation des nombreux tableaux volés aux juifs à cette période – « des œuvres d’art dégénérées », ou comment certains négociants concernés se sont enrichis en trafiquant en toute illégalité et impunité vers les USA ou de la fuite de hauts responsables réfugiés en Argentine avec la complicité de l’Église catholique voire de la Croix Rouge… Deux couples d’apparence on ne peut plus banale se lient autant par empathie que par intérêt. Leurs rencontres, leurs affinités, leurs rêves ou leurs cupidités respectives ou partagées donnent le tempo à ce spectacle jusqu’au coup de théâtre final, une chute astucieuse qui remet tout en perspectives… Manet, Monet, money, pour plagier un célèbre refrain… L’intrigue intelligemment construite revisite nombre de faits historiques mal connus, et dés le début retrace bien le climat de l’époque entre suspicion généralisée, petits arrangements troubles et compromissions en tous genres. Si ce récit bien documenté se révèle séduisant sur le fond avec en particulier des personnages aussi emblématiques que très ambivalents, sur la forme, on reste un peu sur sa faim… C’est dommage que cette nouvelle création de la Compagnie à Ligoter vue hier dans la salle du Chariot à Bourran manque un peu de rythme, sa mise en scène trop sage ne permettant pas assez aux quatre comédiens amateurs de la sublimer pour en faire une histoire plus percutante… Tradition oblige la soirée se terminait par de la fouace accompagnée de boissons.                                                 La troupe rejoue ce soir même lieu et à La Doline à Sébazac le 2 mars prochain.                    Pour prolonger sur le même sujet, il faut voir ou revoir absolument le film de Simon Curtis avec Helen Mirren dans le rôle principal « La femme au tableau » lequel retrace le long combat véridique que dut mener une juive autrichienne réfugiée aux Etats-Unis pour récupérer le portait dérobé de sa tante Adèle Bloch-Bauer peint par Gustave Klimt et resté exposé dans un musée de Vienne pendant près de 60 ans…

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