Du côté de chez Gaspard

Si on l’écoute au premier degré, il cumule toute les tares du sale gosse ou de l’affreux jojo, incorrect au possible pour pas dire provocateur à chaque instant, du genre à tirer sur tout ce qui bouge, ne s’interdisant rien, à la manière de « La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède » de Pierre Desproges. Du gonflé et du sordide, du trash et de l’irrévérencieux, du caustique et du cinglant, du décalé ou du carnassier revendiqués sans cesse relancés par une logorrhée fielleuse à souhait… en clair de l’humour très très noir contrebalancé par une écriture au cordeau, limpide mais dévastatrice, tout sauf correcte et bien pensante qui tourne et retourne le couteau dans la plaie de la mauvaise conscience des uns, de la suffisance des autres, de l’indifférence du plus grand nombre, un genre dans lequel Gaspard Proust n’a guère de concurrent. Les femmes, les religions, la politique, le show business, la société numérique… rien ni personne n’échappe à son registre acide, caustique ou grinçant, du vitriol distillé sans concession ni remord apparent… On peut être circonspect, déstabilisé, voire plus que sceptique devant les horreurs- misogynie de comptoir, racisme bon teint, colonialisme justifié notamment- qu’il débite à tout va sur un ton volontairement toujours égal… dézinguant les bobos ou la gauche caviar à laquelle il se flatte portant d’appartenir, les groupies de Mahomet, les couples où l’amour s’étiole, le sida, la société actuelle ou le recours systématique au « psy devenu le nouveau curé laïque » sic, etc… etc … de la sociologie de mauvais goût assumée de la part d’un interprète qui le joue sans aucune empathie apparente. Dès son entrée sur la scène de l’Amphithéâtre de Rodez hier soir, on sent que ce ne sera pas un one-man-show classique ne serait-ce que parce que les dix premières minutes se déroulent en voix off, plateau seulement éclairé de quelques traits lumineux, sur lequel il déboulera ensuite habillé en culotte de peau au look tyrolien ultra kitsch pour flinguer tous azimuts. Aux antipodes de la bienveillance de François Morel ou de la complicité de Guillaume Meurice, son Nouveau Spectacle ainsi intitulé, c’est, servi bien frappé, un condensé de philosophie nihiliste aussi amère que désabusée, où le rire souvent jaune se conjugue au désespoir…« le Jawad de l’humour » tel qu’il se définit ironiquement lui-même.

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