Poussières de vie

Dernier opus consacré à l’histoire familiale en quête d’identité avec ce film « Cendres  » d’Idrissa Guiro et Mélanie Pavy , lequel suit pas à pas une histoire simple, celle d’une fille qui à la mort de sa mère découvre, laissé à son intention, son journal de bord vieux de 50 ans, dans lequel les aspirations de l’une font très vite écho aux souvenirs de l’autre. Les deux femmes semblent ne pas s’être toujours très bien entendues jadis, mais, en fait, elles ont beaucoup de points communs, des destins à la fois d’émancipation, de liberté et de passions… Née miraculeusement à Hiroshima de parents survivants de la catastrophe, alors que sa sœur n’a pas survécu, Kyoko, la mère, rencontrera un documentariste français Pierre-Dominique Gaisseau en tournage au Japon, celui-ci décrochera plus tard un oscar, elle le suivra à Paris où elle fréquentera le monde du cinéma, ne jurant que par Truffaut, croisant Cris Marker, tournant pour Godard, une ombre furtive de la Nouvelle Vague… autant de détails d’une vie intime que sa fille unique née de cette rencontre ignorait, une histoire dont elle tire délicatement chaque fil. De sa mère incinérée au Père-Lachaise à Paris, elle ne recueille que l’urne funéraire qu’elle décide de ramener à Tokyo pour accomplir les cérémonies traditionnelles du deuil avec le reste de la parentèle…  À elle, nourrie d’une double culture de s’approprier autant une trajectoire maternelle insoupçonnée que de s’inscrire par la filiation dans des lieux, des rites, des souvenirs, dont certains très douloureux, qu’elle s’approprie patiemment. Révéler une personnalité inattendue pour éclairer la sienne, les traces des aïeux dont on est issu ou le retour aux sources pour mieux cerner ses propres racines, c’est de tout cela dont il est question ici. Plans serrés sur le visage de l’héroïne, voix off, dialogues tout en demi-teintes, beaucoup de pudeur derrière chaque image, une atmosphère entre zen et douceur, tout concourt à sublimer ce documentaire d’une grande sensibilité à la fois témoin d’une trajectoire individuelle et inscrit dans l’histoire du cinéma. Ce film sorti en 2015 mais jamais présenté à Rodez a pu grâce à la séance organisée par la médiathèque de Rodez trouver son public.                                                       Prochain rendez-vous le jeudi 8 mars.

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