Bach mention très bien

Dans le genre fofolle carrément déjantée mais avec une argumentation imparable, capable de sortir des statistiques aussi farfelues qu’improbables mais aussi de solides références piochées au cinéma chez Godard, dans la peinture classique chez Rubens, elle en impose Isabelle Bach: le style professeur Nimbus qui ne doute jamais, n’en démord pas, sure de son aura scientifique à peine troublée par les énormités loufoques qu’elle débite avec sérieux. La conférence intitulée « Et mon cœur c’est du poulet ? » propose rien de moins que de revisiter la genèse « de l’attraction amoureuse depuis les origines » avec évidemment des étapes essentielles qui jalonnent ce récit abracadabrantesque teinté de phéromones en pleine euphorie… quasiment une grammaire de l’orgasme à l’usage des Nuls. Pour résumer on est quelque part entre Cupidon en plein trip sous extasy et un cours accéléré de drague tous azimuts, où Romeo n’y retrouverait pas Juliette, ni Gabin les beaux yeux de Morgan, quant à Clara Morgane et Rocco Siffredi les voies du seigneur sont impénétrables… Comme toute professeur de Sciences et Vie de la Terre ravie d’être défroquée, elle ne lésine ni sur les planches anatomiques nécessaires pour bien suivre l’exposé ni sur les exemples tous plus extravagants les uns que les autres pour dérouler sa démonstration. La filiation étroite pour ne pas dire incestueuse entre le grondement préhistorique et le ronflement de la moto n’auront plus de secret pour vous, idem pour les courbes exponentielles qui mesurent le nombre de poissons rouges ou l’achat de croquettes pour chats corrélées bien sûr avec le développement du célibat… Et le summum est atteint avec le rapprochement forcément évident entre les bimbos du Crazy Horse, et le poulet industriel dont on fait les nuggets immangeables… Hilarité et folie furieuse à chaque instant, le tout chuchoté ou déclamé, c’est selon, sur un ton faussement mielleux à souhait. Une théorie incroyable où « les mots d’amour sont caresses de l’âme » qui, sur des musiques sirupeuses intemporelles, résonnait de franche rigolade, de lucidité complice et de justesse d’observation… Si tout le public définitivement conquis se régalait de chaque bon mot, de chaque digression, c’est sur que les oreilles de Christine Boutin absente hier au Manoir à Valady où se tenait ce spectacle de la compagnie Mungo devaient siffler… Une réussite exemplaire. Et bonheur supplémentaire, les spectateurs  se retrouvaient ensuite pour partager un excellent repas, histoire de démultiplier les plaisirs.                                                Un grand bravo à Vallon de Cultures pour cette Saint-Valentin si originale. On en redemande.

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Un commentaire pour Bach mention très bien

  1. Merci! Nous relayons votre article.

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