Mort-vivant

Soit un drame ténébreux, dans tous les sens du terme, qui voit deux sœurs à la fois protectrices autant que castratrices, elles-mêmes sous bienveillance d’ un vieux serviteur dévoué, essayer de tout faire pour éviter à leur petit frère de retour au foyer de tomber dans les griffes d’une « reine tyrannique et invisible dévoreuse d’âmes », laquelle erre dans un château tout en corridors obscurs, lourdes portes fermées à double tour et passages secrets… Atmosphère pesante, fumée envahissante sur le plateau et personnages aux costumes sophistiqués, maquillages impressionnants et collier de lumières blafardes, tous ne sont que spectres en perdition, dérivant entre doutes et rancœurs, suspicions et inquiétudes… C’est dire que « La mort de Tintagiles » un texte de l’auteur belge Maurice Maeterlinck, Prix Nobel de Littérature en 1911 est du genre âpre, tendu et vénéneux, avec une écriture aussi soignée qu’un tantinet désuète pour cette pièce nourrie de ressorts tantôt mélodramatiques tantôt philosophiques… On s’y interroge sur le passage entre la vie et la mort, l’au-delà indéfinissable synonyme d’anéantissement, de rebond ou d’éventuelle résurrection… avec des scènes qui tiennent de l’iconographie christique autant que d’envolées plus mystiques… Incantations, longues tirades, dialogues nerveux entre les protagonistes obsédés autant que fascinés par le mystère, le confidentiel, ou l’ambiguïté. Les relations intra-familiales autant que celles face à l’adversité sont constamment scrutées, analysées ou disséquées pour des remises en perspectives permanentes, lesquelles alimentent sans cesse l’intrigue jusqu’au paroxysme… La Compagnie de l’an 01 a bénéficié d’une résidence l’été dernier à la M.J.C. de Rodez  pour proposer ce spectacle. Une mise en scène minimaliste dans sa première partie puis par contraste un final circassien acrobatique et tumultueux, donne à cette création des accents d’allégories funèbres symboliques autant qu’initiatiques…                                                            Une production aussi riche esthétiquement sur la forme qu’énigmatique sur le fond…

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