Com tu veux

Soit un jeune dirigeant dévoré d’ambition dont les dents longues rayeraient ostensiblement  le parquet nonobstant le sourire carnassier qui les dissimulent à la vue de tous, il n’est encore que le n°2 de la boite de com où il excelle mais comme son chef semble au plus mal, il est aux anges, persuadé d’être proche du Graal… C’est un type cynique au possible, manipulateur sans vergogne, capable du pire et qui ne reculerait devant rien tant il s’enorgueillit d’être capable de vendre tout et n’importe quoi à n’importe qui… Il maîtrise les codes de la publicité et se fait fort d’exploser les audiences ou les sondages grâce à sa stratégie du « win win », et oui le jargon anglais en toute circonstance ça en impose parait-il. Il se vante d’avoir eu des idées géniales dans le passé, des slogans qui font mouche, donc question marketing agressif et décomplexé, il ne craint personne. Il se targue de vouloir devenir incontournable dans le domaine politique et se veut l’incarnation du spin doctor du futur, capable de faire ou détruire n’importe quelle personnalité en mal de reconnaissance, une version plus clean d’un Patrick Buisson auprès d’un ancien président par exemple ou de Steve Bannon aux USA… en en gommant tous les excès racistes et autres… quoique parfois… Chuchoter aux oreilles d’un politicien pour définir plans de carrière, éléments de langage et autres, devenir l’homme de l’ombre entre pouvoirs démesurés et occultes il n’y a que ça de vrai… Tel est le personnage étonnamment protéiforme et sans scrupule que Guillaume Meurice va pendant prés d’une heure et demie nous proposer… ni caricatural,ni provocateur, la veulerie doucereuse et ouatée, « adepte de la cohésion nationale »... « en toute sincérité »… « à l’écoute des envies, des besoins et des rêves », le style âme damnée ripolinée en gendre idéal, auquel rien ne résiste… C’est dire qu’avec son spectacle « Que demande le peuple », l’humoriste à l’ironie mordante frappe juste et fort… dans la droite ligne de ses pastilles régulières qu’il distille sur France Inter. Impertinence, sens de l’a-propos, répliques percutantes, la malice en bandoulière, il entraîne le public avec une mauvaise foi évidente dans un maelström où se bousculent verve et satire, bagou et faconde, volubilité et moquerie, où l’insidieux devient obscène, le tout servi avec fraîcheur, conviction et duplicité pour soulever enthousiasme et admiration. Du grand art. On ne s’en lasse pas tant tout est remarquablement écrit, la communication disséquée au scalpel pour en cerner tous les pièges… Subtil et délicieusement ambigu. Quant au rappel, hymne à une improbable insurrection c’est juste un modèle du genre, décapant et loufoque à souhait…  Meurice sur le gâteau.                          En prime on eut même droit hier à La Baleine en première partie au « Suicide artistique » de Francisco E Cunha, par ailleurs metteur en scène du spectacle décrit ci-dessus, quelques instant aussi piquants que réussis pour parler religion, monde de Disney ou théâtre classique. Une soirée qui fera date.

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