Costa de sangre

C’est en été une des destinations les plus prisées par de nombreux touristes, la Costa del sol, synonyme pour beaucoup de sangria, flamenco, farniente et sable chaud… Au détour d’une ballade le long du bord de mer, au-dessus de Malaga se trouve El Paseo de los  Canadienses, un nom bien exotique guère explicité marqué une plaque commémorative « en mémoire de l’aide que le peuple canadien a portée de la main de Norman Bethune aux fugitifs de Malaga en février 1937 ». C’est là que déambule par hasard, de nos jours, en vacances avec sa famille comme chaque année depuis toujours, le jeune Carlos Guijarro historien de formation. Étonné par une telle inscription, il est surpris, puis rapidement  interpellé par un vieillard, lequel lui dit que ce chemin fut jadis connu comme  » la route de la mort »… Ce sera le départ de ses recherches pour remonter jusqu’à un épisode méconnu de la Guerre d’Espagne qui se déroula avant le tristement célèbre bombardement de Guernica, la chute de Malaga tombée aux mains des franquistes avec son cortège de milliers de famille fuyant la ville, prises pour cible par les fascistes italiens de Mussolini appuyés par l’aviation et la marine. Piqué dans sa curiosité, il veut en savoir davantage et remonte le cours de l’Histoire jusqu’à la personnalité incroyable du Docteur Bethune médecin canadien expert de la tuberculose et des maladies pulmonaires, engagé dans les Brigades Internationales, lequel mit au point un système de transfusion de sang extrêmement novateur pour l’époque de fourgonnettes très mobiles pour soigner les blessés au plus près du front. Il écrira plus tard un livre accompagné de photos de son assistant Hazen Size « Le crime de la route Malaga/Almeria » qui raconte comment s’installe la terreur systématique et généralisée sur la population comme arme de guerre, l’extermination indistincte de l’ennemi et, in fine, le génocide planifié des républicains « les rouges ». De ce travail naîtra le récit graphique « Promenade des Canadiens, Espagne 1937 » paru aux éditions Steinkis, rendu d’autant plus poignant qu’à cette réalité historique, se mêlent sous le trait d’une vieille andalouse, les témoignages regroupées de personnes qui ont survécu à cette grande fuite. Les vignettes aux couleurs éclatantes pour l’époque contemporaine contrastent avec celles stylisées noir et blanc, à peine teintées de sépia des années de guerre civile.                               La richesse de la documentation ajoutée à la sensibilité et à l’humanité de chaque personnage, tout concourt à faire de ce livre un document de première importance sur ce drame longtemps ignoré.

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