Laver son linge sale en famille

Une situation de départ délirante à souhait où une jeune femme confie à sa sœur qu’elle soupçonne son mari d’infidélité mais… bien évidemment celle-ci se trouve être la maîtresse vilipendée d’où quiproquos, éclats de voix et autres menaces qui fusent en tous sens… entre dénégation, semi-aveux, culpabilité et retrouvailles… En fait une trame toute simple de trio infernal qui pourrait n’être qu’un vaudeville de plus avec tout ce que cela suppose de convenus insupportables… Sauf qu’avec « Deux sœurs » un texte farfelu de Fabio Rubiano, un auteur colombien, dès le début on bascule dans la farce burlesque, le joyeux jeu de massacres dans tous les sens du terme. En effet ledit mari a été méticuleusement découpé en morceaux façon puzzle, puis le tout enfermé dans une valise, avec laquelle l’épouse bafouée débarque d’emblée sur le plateau pour expliquer au public le pourquoi du comment… S’ensuivront une série de plusieurs scènes à différents moments du récit, sans souci de chronologie pour expliquer ou pas les dessous de l’histoire, tenter de se justifier avec les regards croisés de ces deux femmes lesquelles se partagent/disputent cet homme, « papa-de-mes-enfants » pour l’une, bel hidalgo devenu amant ténébreux pour l’autre… Dans un décor très aseptisé de murs blancs, presque clinique, elles seront seules face à face, avec juste de temps à autre quelques meubles de couleur flashy pour souligner ainsi le côté à la fois banal et dérisoire de l’intrigue, mais aussi volontairement en évacuer toute once de réalisme. Aucun doute, on sait que c’est du grand-guignol, de la folie furieuse, du mensonge éhonté… une dimension tragi-comique version latino tout en exubérance, où trahison et hypocrisie sont indissociables… On touche le summum du genre quand,  en parallèle, l’une s’effondre en larmes, quand l’autre gémit de plaisirs… l’orgasme comme réponse aux sanglots, le fantasme ou la douleur, la parano ou la discrète, cette sororité aussi jubilatoire que contrariée devient hautement contagieuse et source de franche rigolade…  C’est autant loufoque que jouissif avec en prime des bruitages pétillants en live pour soutenir ce règlement de comptes façon OK Corral. En sus, l’énergie incroyable des deux comédiennes explosives au tempérament flamboyant emporte tout… Un régal.                                                Un grand bravo à la troupe du Théâtre des Chimères venue de Biarritz

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