Murmures de Berling

Foule des grands jours, hier en fin d’après midi au musée Denys Puech qui recevait Charles Berling, ami de René Caussanel, artiste natif de Rodez, lequel présente actuellement  une exposition sous le titre « Portraits/portraits ». « Une anthropologie visuelle » pour reprendre sa formule, consacrée aux habitants du petit village de La Capelle Balaguier qui se décline en 228 exemplaires de même format, celui tout simple d’une feuille de dessin, magnifiquement croqués au crayon dans un dégradé d’ombre et de lumière avec réalisme et humanité. Mais hier le public était venu en nombre pour écouter le célèbre acteur lire « Les écrits d’Alberto Giacometti » textes publiés du vivant de son auteur, surtout relatifs à la sculpture, mais pas que, et surtout à la création, à la place de l’art dans la société et aux regards croisés qu’il suscite. À en croire les journaux locaux, il était précisé qu’aucune réservation n’était possible, qu’il fallait arriver tôt, et que seuls les cent premiers spectateurs seraient admis pour assister à ces lectures. On aurait donc pu supposer en parallèle qu’autant de sièges aient donc été prévus… Que nenni … et c’est ainsi que, par pure inadéquation mathématique, plusieurs dizaines de personnes se sont retrouvées debout à se contorsionner dans un minuscule espace… sans autre commentaire quant à l’organisation… En première partie, des paroles provocatrices et outrancières, plus proches des ignominies d’Harvey Weintein que des idées de Simone de Beauvoir, un concentré de la misogynie d’époque, lesquelles, bizarrement, suscitaient des rires étouffés parmi l’assistance??? Puis ce sera ensuite plusieurs interviews, dont une par Pierre Dumayet, dans lesquelles Giacometti explicite ses conceptions, ses attentes autant que ses doutes sur sa façon de travailler, les résultats obtenus et la reconnaissance ou non que cela engendre, d’anciens échanges très éclectiques, nourris de temps à autre d’anecdotes surprenantes. On apprend ainsi, par exemple, que pendant cinq ans, chaque jour, son frère a posé pour lui pendant plusieurs heures pour…. in fine rien… ou pourquoi il représente le plus souvent  ses personnages de taille réduite, amaigris et filiformes…          La voix toujours juste, le regard malicieux et le sourire aux lèvres, Charles Berling donnait ainsi corps pendant prés d’une heure et demie aux théories et élucubrations les plus foutraques d’un personnage hors du commun.

Publicités
Cet article, publié dans Divers, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Murmures de Berling

  1. aparicion dit :

    Article très intéressant ! Merci !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s