Vamos

C’est un spectacle inclassable, unique et d’une originalité qui peut être déconcertante, un patchwork improbable de puissance physique et d’humour distancié, pour, sans une seule parole, donner libre cours aux situations délirantes les plus folles… Peu d’accessoires, le décor a minima d’une banale salle de sports avec un banc et des casiers où ranger ou récupérer ses affaires ainsi qu’un poste de radio à l’ancienne, (dont son immense antenne directionnelle), lequel crachouille lors de chaque recherche de stations… un objet du quotidien qui prendra au fil de la représentation une charge érotique de plus en plus importante… à faire chavirer les corps mais surtout s’esclaffer le public. « Un Poyo rojo » dernier rendez vous de cette année 2017 à la M.J.C. de Rodez c’est un ovni argentin avec deux interprètes délicieusement farfelus Alfonso Baron et Luciano Rosso, deux artistes complets, tombés quand ils étaient petits dans le monde de la danse fut-elle classique, africaine, contemporaine, jazz ou hip-hop autant que dans celui du théâtre, deux univers dont ils maîtrisent parfaitement les codes. Bien qu’ils le jouent depuis six ans maintenant, un peu partout dans le monde, le pari à relever reste le même, entraîner les spectateurs dans ce délire visuel entre comédie, qui lorgne vers le burlesque digne de Chaplin, performance athlétique rigoureuse avec acrobaties, porters et autres figures, chorégraphie multiforme et prestation clownesque, tout de fluidité et de complicité contagieuse… d’autant plus méritoire que la radio est en direct ce qui suppose une capacité d’impro à chaque instant pour toujours rebondir et relancer le fil rouge qu’est leur opposition fantaisiste. Tantôt se toisant, se jaugeant, se défiant du regard ou du geste, mêlant l’incandescence d’un pas de deux à l’agressivité d’un boxeur, l’élégance de l’escrimeur à la virtuosité du toréador, la provocation du rappeur en goguette aux frissons du désir, la rudesse d’un combat de coqs à la malice du catch… ils rivalisent d’espièglerie. Les muscles tendus à l’extrême, trempés de sueur, la démarche désarticulée, les yeux pétillants ou les mimiques les plus irrésistibles, pendant un peu plus d’une heure leurs joutes fanfaronnes toutes de gouaille deviennent prétexte à d’intenses duels réjouissants de drôlerie. Quant au bonus final, parodie mimée d’une bluette revisitée, on atteint des sommets dans le genre loufoque pour le plus grand plaisir d’une salle comble qui applaudit à tout rompre.                                                                                                                                            Une soirée endiablée à nulle autre pareille.

 

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