Courrier du cœur

Cher Père Noël,

Je sais qu’en ce moment tu reçois tant de courrier que toi et tes lutins vous n’avez pas une minute à vous. Mais je t’écris quand même car j’en ai gros sur le cœur, désespéré de voir que sous couvert « d’esprit de Noël » on commette tant d’impostures, de tartuferies et autres mascarades. Vraiment j’en suis malade ou pour mieux dire en langage djeun « ça fout  les boules ». J’habite à Rodez une petite ville qui ne manque pas d’attraits sur le plan culturel. C’est ici que se trouve la plus ancienne troupe de théâtre amateur de France multi-récompensée, les Comédiens au Chariot, qui se renouvelle toujours pour notre plus grand plaisir, Le Théâtre des Anneaux, Les Souliers Troués, Les Jeux Dits, Le Strapontin des Mastigophores, Le Théâtre à Moudre, à l’origine d’un Festival chaque année en mai etc… etc… et j’en oublie… Tout cela plus le Musée Soulages, un multiplexe cinéma dernier cri, l’Estivada chaque été, une M.J.C. où tu vois régulièrement des spectacles de qualité, plus récemment une autre salle en périphérie superbe quoique sous- employée La Baleine, et depuis peu une autre salle encore, magnifiquement rénovée, la Chapelle St Jo, devenue après force travaux un espace scénique doté de tous les équipements nécessaires. Franchement une superbe salle dont j’ai poussé les portes hier soir pour être accueilli par un de tes représentants flanqué de son renne et de sa petite troupe espiègle. Tous se démultiplient pour te mettre dans l’ambiance, que tout se passe au mieux et même qu’à la fin tu as droit à une crotte en chocolat qui fond en bouche, un régal… Entre temps, dans un décor kitschissime à souhait, fausse cheminée rougeoyante et sa collection de chaussettes suspendues au dessus du foyer, sapin surchargé et déco ringarde de circonstances, tu es supposé voir du théâtre, enfin je crois, signé Hugo, de son prénom, donc pas Victor hélas, une histoire sans intérêt pour rester poli, un glougi-boulga entre pantalonnade piteuse et cocufiages sinistres, où l’on cite Oui-Oui préféré à Jean-Paul Sartre… la nausée… Je n’en dirai pas plus parce que je ne veux pas te déprimer… Je suis sûr que comme moi tu aurais souffert pour les comédiens qui vraiment se défoncent pour essayer de sauver les meubles mais c’est sans espoir au vu des scènes stupides qui se succèdent, ponctuées qui plus est de dialogues ineptes. Ne serait-ce la pirouette finale il n’y aurait rien à sauver… Un des personnages dans un éclair de lucidité s’écrie « un réveillon à la con » on ne saurait mieux dire pour qualifier cette soirée. Voilà tu sais tout… Promets-moi juste: plus jamais ça… autant pour les acteurs que pour les spectateurs. Je veux pouvoir encore rêver et croire à la magie. Joyeux Noël.

Un passionné de spectacle.

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