Aux marches du Palais

Pour conclure son cycle de documentaires consacrés aux justiciables et aux juges, la médiathèque de Rodez projetait hier en fin d’après-midi le film un peu ancien certes puisque daté de 1998 de Julie Bertuccelli « La fabrique des juges » mais qui a toujours le mérite d’explorer les arcanes de la formation prodiguée aux futurs magistrats à Bordeaux à l’Ecole Nationale de la Magistrature. Un cursus de trois ans après un master de droit, souvent complété d’études en parallèle à Sciences Po, avec une alternance équilibrée de cours théoriques et de stages en situation pour appréhender les diverses fonctions auxquelles, ils et surtout elles, puisque les promotions actuelles sont féminisées à plus de 75%, seront susceptibles d’être affecté(e)s pendant leurs carrières: juges d’instruction, des enfants ou d’application des peines mais aussi procureur ou président de cour… « La violence de la Loi » en faisant un métier extrêmement complexe et difficile où derrière le décorum très théâtral, robes, hermines etc… se dévoilent des êtres humains habités par la passion de la justice et du service public quelle que soit leur affectation au siège ou au parquet. Pilier indispensable de toute réelle démocratie, l’état de droit garant de nos libertés parait toujours de l’extérieur comme une machine un peu figée avec ses règles immuables et ses préceptes sans cesse rappelés de  » sérénité, rigueur et indépendance  » avec toujours le double objectif de tenir compte de la gravité des faits et de la personnalité de l’auteur… Jeux de rôle, études de cas antérieurs, quantum de peine et autres exercices de simulation, on assiste aux différents temps forts de cet apprentissage qui explore les tréfonds de l’âme humaine, sans évacuer ni les doutes ni les interrogations que cela suscite chez chacun. Pour prolonger le film une rencontre était organisée avec Monsieur Jean-Marc Anselmi  juge au tribunal de Rodez ainsi qu’avec Mesdames Perier et Paillette deux jeunes auditrices de justice, le premier grade des magistrats, lesquelles achèvent leur formation. Des échanges riches et nombreux avec un public très curieux d’en savoir toujours plus sur cette institution aussi mal connue qu’indispensable qu’André Malraux grand intellectuel engagé et immense Ministre de la Culture définissait paradoxalement ainsi:  « Juger, c’est de toute évidence ne pas comprendre, puisque si l’on comprenait on ne pourrait pas juger. »

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