Le dégoût de la banane

Rendez-vous hier soir au Club pour le point d’orgue du Festival des Solidarités à l’initiative de plusieurs associations  telles Artisans du Monde, la Ligue des Droits de l’Homme ou le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement-Terre Solidaire, toutes soucieuses de rééquilibrer les rapports Nord/Sud. Au programme la projection de « Hold-up  sur la banane  » un documentaire de 2016 signé François Cardonna sur la culture de ce fruit tropical le plus consommé au monde et qui fait vivre des millions de personnes. Réputée pour ses qualités nutritives et énergétiques, vantée par les diététiciens la banane est au cœur d’un marché qui pèse plusieurs milliards, contrôlé majoritairement par trois grosses multinationales américaines dont Del Monte. Ce film s’intéresse tout particulièrement aux plantations de cette société en Amérique Centrale dans ces pays que l’on nomme dédaigneusement « les républiques bananières » et même jusqu’ au Costa Rica, soulignant les  conditions de vie scandaleuse, sociales et sanitaires des employés qui travaillent 6 jours sur 7, 12 heures par jour pour un salaire de misère d’environ 250 $ par mois avec un usage massif d’agro-toxiques, fongicides et autres pesticides -dont le fameux glyphosate-, répandus sans discernement par avion. 200 à 300 régimes par jour pour chaque coupeur de bananes, c’est près de 6000 tonnes par an à manipuler, dans un climat délétère où la corruption le dispute à la chasse aux syndicalistes lesquels essaient en vain de revendiquer a minima l’application du droit du travail. La « banane dollar » produite ainsi à faible coût peut ensuite être revendue dans les supermarchés à des tarifs qui défient toute concurrence mettant notamment en difficulté les producteurs d’autres pays dont les Antilles françaises. Le film montre aussi qu’il existe une alternative, une démarche écologique responsable, comme certains domaines labellisés Max Havelaar à Saint-Domingue par exemple, lesquels proposent une banane beaucoup plus respectueuse de l’environnement et des ouvriers agricoles qui la cultivent, dans des conditions de commerce équitable avec un prix garanti aux petits exploitants … de l’éthique sur l’étiquette. Au préalable était aussi diffusé un très court métrage « Amazonicas: Guardians of life » de Charles Gay lequel relate la lutte des tribus indigènes pour préserver leurs terres ancestrales de la pollution de l’exploitation pétrolière intensive, illustrée par la longue marche des femmes jusqu’à Quito en 2013.                                        Une soirée de sensibilisation citoyenne prolongée d’un échange avec le public venu nombreux.

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Un commentaire pour Le dégoût de la banane

  1. Marisol Garcia Vicente dit :

    Merci Jean Jacques bise Marisol

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