Band magnétique

C’était une première hier soir à La Baleine pour l’Aveyron Jazz Big Band que ce concert gratuit qui avait fait salle comble. Au départ il y a la volonté de réunir « des artistes vivant en Aveyron autour d’un projet artistique commun », la moitié d’entre eux étant enseignants au Conservatoire Départemental, l’autre moitié composée de grands élèves ou d’anciens, tous donc inscrits dans une démarche professionnelle dans le milieu musical. Objectif un « répertoire exigeant » pour une formation qui se rêve « vitrine artistique » reconnue de talents du cru. À l’origine de l’idée: Nicolas Dru, pianiste de formation, lequel a su convaincre ses pairs ou son entourage pour se lancer dans une telle aventure, et les dirige avec élégance et doigté. Un big band qui fait la part belle aux cuivres, saxophones, trompettes et trombones à coulisse, en clair du souffle et du volume en parfaite cohérence avec une batterie tout aussi déchaînée, le tout heureusement tempéré par un piano soyeux et deux guitares plus feutrées. Au programme des classiques de Thelonius Monk ou George Gershwin, des partitions arrangées par des spécialistes du genre voire des compositions devenues bande originale de films comme Whiplash récemment projeté au Krill… pour un résultat éclectique et velouté. On a même eu droit à quelques envolées de crooner pour parfaire l’ambiance. Un spectacle qui respecte les codes du genre: c’est à dire l’alternance bien équilibrée entre morceaux par l’orchestre au grand complet et succession d’intermèdes pour permettre d’apprécier les qualités de chaque musicien, lequel alors rivalise de brio pour proposer à cœur joie son solo le plus abouti. Le plaisir de jouer ensemble conjugué de la liberté pour chacun d’y ajouter sa couleur personnelle. Après Mines de jazz à Decazeville, Millau en jazz ou les soirées All that Jazz proposées par Cap Cinéma à Rodez, il semblerait, à en juger par les applaudissements nourris et renouvelés du public que l’Aveyron se soit définitivement converti à ce style musical… un art de vivre qu’avec humour Grégoire Lacroix définissait ainsi dans Euphorismes : « L’amour c’est comme le jazz: c’est n’importe quoi, mais pas avec n’importe qui. »

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