Ne pas perdre le Nord

« Les gens d’ici » spectacle proposé par la Compagnie La Générale d’Imaginaire laquelle s’est produite samedi soir au Krill dans le cadre de la 5 ème édition de « Regards sur l’exil »et dont les recettes sont allées intégralement au Collectif pour les Réfugiés de la région de Rodez en partenariat avec le groupe local d’Amnesty International est unique en son genre. Cette troupe venue de Lille réussit avec peu de moyens à rendre palpable et poignant le drame des campements installés à Grande Synthe, dans la périphérie immédiate de Dunkerque, là où se sont réinstallés de nombreux migrants évacués de la jungle de Calais… Des tentes montées à la va-vite au pied des immeubles, les résidents, qui tous les jours passent devant, sont inévitablement confrontés à la situation toujours plus fragile de ces démunis qui manquent de tout… Au travers du regard d’une petite fille, les questions qu’elle pose à sa grande sœur ou à sa mère sur ce qu’elle perçoit comme profondément injuste et inhumain, l’hésitation de l’une, l’ l’engagement de plus en plus résolu de l’autre, sont la trame de cette courte pièce bruissante de vie. La vie de toute la famille est impactée d’autant plus quand l’un de ces anonymes incarne de chair et de sang la tragédie vécue par tant d’entre eux. S’impliquer, en distribuant des repas ou des couvertures comme le font de nombreux bénévoles, ouvrir sa porte, proposer concrètement son aide… autant de gestes de générosité qui suscitent espoir et fraternité… Deux tréteaux, quelques chaises, un rétro projecteur, de la musique et des trucages live, des dessins en direct, quatre comédiens convaincants, une mise en scène aussi astucieuse que fluide, mettent en valeur un texte d’une extrême sensibilité signé Amandine Dhée. Autant de qualités conjuguées pour défendre une autre approche, un autre perception pour comprendre l’exode toujours renouvelé de ces populations essentiellement venues du continent africain, lesquelles fuient la guerre ou la misère en essayant de gagner coûte que coûte l’Eldorado européen fantasmé. Des paroles que l’on sent vibrantes d’authenticité, des mots simples, un ton juste et précis, des voix toutes de douceur pour décrire ces situations qui engendrent expulsions, répression policière ou manifestation citoyenne… On pense bien sûr, entre autres exemples, au combat hautement symbolique de Cédric Herrou et des habitants de la Vallée de la Roya qui se mobilisent tout particulièrement pour les mineurs abandonnés seuls à la frontière avec l’Italie… Rendez-vous samedi prochain pour une autre soirée programmée au Club, laquelle débutera dès 18 heures avec une projection débat animée par la Cimade, suivie de plusieurs concerts dans tous les styles.                                                                                           Un spectacle exemplaire en tous points, lequel se prolongeait d’échanges argumentés avec le public venu nombreux.

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