Ça nous gène?

Un décor simple et astucieux, mais plein de surprises, pour une conférence tout ce qui semble des plus classiques, sous l’égide d’un très officiel organisme ministériel au nom volontairement pompeux, pour « repenser nos modèles économiques et sociaux » -sic- avec bien sûr à la clé une réflexion forcément de haute volée pour améliorer l’existant… Des paroles prononcées avec le ton de circonstances par un duo mixte, très B.C.B.G, style DRH plus vraie que nature et chargé de mission imbu de sa personne… Elle, tailleur strict et lunettes raccord, lui costume aussi sobre qu’impersonnel, tous deux de noirs vêtus, à mi-chemin entre mondanités et pompes funèbres, lesquels s’accordent pour débiter sur un ton badin force statistiques et autres chiffres pour vanter un nouvel ordre à construire où hommes et femmes s’épanouiraient dans le meilleur des mondes… Pour le côté interactif, plus in vivo, on demande au public de lister -en même temps, c’est de saison, par questionnaire inversé, les qualités et/ou défauts de chaque sexe idéal…. Que l’on s’empresse aussitôt de remettre en perspectives avec un sondage Facebook, c’est dire si c’est vertueux, lequel bien évidemment parvient peu ou prou aux mêmes conclusions… Banal et rassurant? Pas sûr du tout car c’est alors que tout s’emballe… Arguments triturés en tous sens, mauvaise foi évidente, provocation bon teint et digressions farfelues, les deux comédiens dézinguent à tout va les idées reçues, se jouent de formules creuses et autres justifications pseudo-scientifiques des plus saugrenues, voire même de références à la Grèce antique ou à Madame de Pompadour au besoin, pour ergoter avec un air aussi sérieux que pédant sur la place respective des hommes et des femmes… Du rose ou du bleu passés au vitriol, des stéréotypes normés atomisés en vol et autres lieux communs incrustés de longue date dans l’inconscient… C’est une explosion de folie douce et de malice gourmande pour se moquer avec jubilation de tant de clichés… On exulte et on se régale, on pouffe et on se délecte de ce feu d’artifices tous azimuts, iconoclaste à souhait … « X, Y et moi ? » par la Compagnie toulousaine l’An 01, clin d’œil à la B.D. culte de Gébé, est un modèle d’intelligence pour interpeller le spectateur et in fine le titiller astucieusement. Ce spectacle pétri d’humour d’une heure environ proposé notamment sur le temps scolaire dans le cadre de Novado se prolonge d’une durée égale d’échanges impromptus autant que jouissifs avec le public.                                                         En tournée jusqu’à la fin du mois un peu partout dans le département, il ne faut s’en priver sous aucun prétexte.

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