Morituri te salutant

Une petite île au large de la Sicile, Lampedusa, quelques milliers d’habitants, devenue au fil des ans, l’une des principales portes d’entrées vers l’Europe pour des milliers de migrants fuyant la guerre et la misère, 400 000 y ont transité lors des 20 dernières années… L’espoir pour le plus grand nombre, la mort pour beaucoup – 15 000 au moins – disparus dans les naufrages qui engloutissent les frêles embarcations de fortune et vieux rafiots sur lesquels ils s’entassent en nombre. Le film de Gianfranco Rosi « Fuocoamarre » présenté hier soir la médiathèque d’Onet le Château dans le cadre de l’opération Novembre, mois du documentaire, dont on célèbre en 2017 la 22ème édition se propose de plonger le spectateur en immersion dans la vie quotidienne de ce qui est devenu un « hotspot » destiné à faire le tri parmi tous ces réfugiés en attente… Deux mondes s’y côtoient pratiquement sans aucun contact. D’un coté les habitants permanents que l’on rencontre au travers des aventures d’un petit garçon espiègle qui fréquente l’école du village, s’amuse à chasser les oiseaux avec sa fronde et se régale des plats de spaghetti de sa grand-mère, de l’autre, les gardes-côtes toujours sur le qui vive qui ne cessent d’intervenir pour éviter le pire… et trait d’union entre les deux un médecin, Pietro Bartolo, modèle d’humanité, lequel dirige le dispensaire et se démultiplie pour secourir en urgence ces populations en détresse, -couvertures de survie sur le dos et photos anthropométriques à l’appui-, avant d’être évacuées vers le centre de rétention, puis, ultérieurement redistribuées dans toute l’Italie, et, en parallèle, la vie simple de quelques habitants du lieu, sorties de pêche des adultes ou insouciance des gamins… Un drame étonnamment poignant que ce long métrage primé d’un Ours d’or à la Berlinade 2016 et aussi nommé à l’Oscar dans la catégorie du meilleur film documentaire. Le titre Fuocoamarre fait référence à un bateau britannique coulé pendant la seconde guerre mondiale, c’est devenu depuis l’hymne quasi officiel des habitants du cru, censé porter chance aux marins sortis en mer par tous les temps… Un témoignage irremplaçable.                                                            À l’issue de la projection assurée par l’association de cinéma itinérant Mondes et Multitudes, le journaliste Olivier Favier animait un débat complémentaire sur cette situation d’actualité qui devient chaque jour de plus en plus inextricable.

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