Burundi’ci et d’ailleurs

Un moment exceptionnel d’émotions partagées et de délicatesse: le ton nuancé et chaleureux à la fois, la voix rassurante toute d’empathie, la diction modulée et des textes d’une richesse de vocabulaire et de formules hautes en couleurs, de l’humour, une immense pudeur, de la présence… un style incomparable, tout de bienveillance et de générosité.. la classe… En retour, une concentration et une écoute absolues du public subjugué suspendu à ses lèvres, on aurait entendu une mouche voler, c’est dire l’atmosphère envoûtante qui enveloppait la grande salle de la M.J.C. de Rodez hier soir. Ce moment miraculeux on le doit à Gaël Faye accompagné de son guitariste chanteur Samuel Kamanzi absolument délicieux, il était venu lire, psalmodier, susurrer, ou déclamer version slam des extraits de son livre « Petit pays » paru l’an dernier et unanimement plébiscité. Dans ce roman teinté d’autobiographie se mêlent nostalgie douce et souvenirs magnifiés de son enfance au Burundi, ce petit pays qui sera terriblement impacté par la guerre civile au Rwanda voisin. Une tragédie sauvage, un affrontement sanglant entre Hutus et Tutsis, un génocide planifié avec son cortège d’exactions funestes, d’assassinats, d’exils forcés, le tout vu par les yeux d’un enfant métis, fils d’un entrepreneur jurassien pur jus « croissant au beurre » et d’une mère rwandaise « pili pili ». Finis les jeux avec les copains, l’insouciance et les espoirs fous de l’enfance bercée par les stars africaines que sont Papa Wemba du Congo voisin ou Geoffrey Oryema d’Ouganda, place aux échos assourdissants du drame qui affecte et bouleverse toute la famille et les proches… Il évoque ainsi les longues nuits passées près d’un téléphone muet, l’inquiétude et l’angoisse qui grandit, l’incompréhension devant l’indicible qui se déroule si près… Puis ce sera la séparation des parents et in fine l’arrivée à 13 ans à Paris, loin de celui des cartes postales… La complicité évidente des deux interprètes, la sensibilité qui affleurait en permanence, les frissons qui parcouraient l’assistance, tout se conjuguait pour faire de cette soirée un moment inoubliable. Un spectacle de lecture musicale à guichets fermés, lequel s’est achevé par une standing ovation amplement méritée.                Avec un tel parrain la quatrième édition de Novado ne pouvait pas mieux débuter.

 

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