Quadrature du cercle

Une maxime aussi énigmatique que troublante, au cœur d’un carré de 4 mètres sur 4 au centre de la cour d’entrée d’un musée royal de Stockholm, mis en valeur par une guirlande lumineuse: « Le Square est un sanctuaire où règnent confiance et altruisme. Dedans nous sommes tous égaux en droits et en devoirs »… Ce sera le thème de la prochaine exhibition que prépare le conservateur, genre dandy séduisant que l’on voit très à l’aise dans le milieu branché de la bonne bourgeoisie suédoise. On y parle art conceptuel, esthétique relationnelle et autre performance artistique et tout le monde, par exemple, de s’extasier complaisamment devant des conférences plus ou moins brumeuses… Cette vie sans histoire est l’ADN d’un père divorcé, lequel s’occupe très bien de ses deux filles, vit dans un luxueux appartement, roule en Tesla électrique et offre volontiers un sandwich aux SDF très nombreux qu’il croise, sa façon à lui d’essayer de conjuguer au mieux ses valeurs progressistes bon teint… Jusqu’à un incident somme toute plutôt banal, le vol de son portable et de son portefeuille, mais qui va modifier radicalement sa vison du monde … Et tout l’intérêt du film « The square » de Ruben Östlund se trouve dans cet interstice qui, d’infime tout d’abord va crescendo devenir de plus en plus béant, développant in fine un sentiment diffus de malaise. Un miroir sans complaisance des nantis du monde occidental, lesquels s’auto-congratulent et/ou se regardent vivre, composant tant bien que mal avec un sentiment de culpabilité… Une atmosphère de plus en plus vénéneuse et glauque qui culmine dans une scène de banquet qui va gravement déraper, laquelle fait écho au clip provocateur concocté par l’agence de com sollicitée pour faire le buzz de cette nouvelle exposition… Une logique insidieuse qui subjugue autant qu’elle gêne le spectateur… C’est dire si ce film couronné de la Palme d’Or à Cannes cette année est tout sauf lisse et consensuel tant il interroge chacun sur les relations parfois ambiguës qui sous-tendent les rapports humains…                                  Il est encore à l’affiche la semaine prochaine au Cap Cinéma de Rodez.

 

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