(S)Tressée

De longues tresses africaines battent ses épaules, la démarche assurée, elle dévale les escaliers sans se presser, vers la grande scène de la Baleine, devant une salle bien remplie, micro en main, début d’un long dialogue avec le public. Puis, lentement, elle se dirige vers une table unique objet de décor, dépose sa guitare, et se prépare au vu de tous, enfilant un tee-shirt jaune soleil, se déchausse et commence à déambuler pieds nus… Tel débute le spectacle de danse contemporaine proposé dans le cadre de l’opération Bazar, grand événement organisée par les M.J.C. de tout le pays, vaste brain storming culturel d’échanges et de réflexions. Seule en action, la jeunesse et le culot en bandoulière, Anastasia Moussier, venue d’Orléans, multiplie les mouvements  expliquant en parallèle sa trajectoire personnelle marquée par le coup d’état en Guinée, lequel sera la cause de l’exil de toute la famille qui trouvera refuge en métropole. Un itinéraire ponctué d’un concours de Mini-Miss France remporté en 2010 à l’âge de 11 ans, avec, parodiées les fadaises d’usage de ce type de compétition entre sourire béat et réponses futiles, puis un peu plus tard le déclic: la découverte de ses racines dans cette période aussi fragile qu’intense qu’est l’adolescence… « Avec Anastasia » chorégraphiée par Mickael Phelippeau est un spectacle pas encore abouti, un peu à l’image de l’héroïne hésitante qui se cherche entre authenticité et modernité, boubou traditionnel ou déhanchés façon Shakira en écho aux tubes recrachés à fond via le smartphone, le tout amplifié par des selfies narcissiques… Une tentative d’esquisse d’une personnalité incontestablement douée, ballerine en devenir, mais aussi modelée par l’histoire douloureuse des siens entre rêves et chimères. Le moment le plus fort est le final sur une musique très cadencée de « la danse des cheveux », lesquels tournoient en tous sens avec méthode et rythme… La boucle est bouclée car on se remémore alors les paroles d’introduction où, en descendant les marches, elle expliquait combien cette chevelure abondante était hautement symbolique à la fois du poids du passé mais aussi et peut-être surtout gage d’identité et d’authenticité…                                                                                     Au-delà d’un exercice de style qui ne tiendrait qu’à un cheveu…

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