Hiver arabe

Tout commence le 16 novembre 2010, jour où toute la Syrie célèbre le 40 ème anniversaire du coup d’état qui a vu la prise du pouvoir par Hafez el-Assad et qui depuis se perpétue en dynastie… Toute la population se doit de participer aux festivités sous peine de lourdes représailles car les gros bras du régime, « les infiltrés » veillent. La propagande est à la manœuvre, malheur à ceux qui exprimeraient le moindre doute ou un manque évident d’enthousiasme forcé. La répression est féroce et les moindres velléités d’opposition vite jugulées avec force arrestations, tortures ou disparitions… Quelques mois plus tard, début 2011, adviendra le Printemps arabe, lequel bouleversera tout l’équilibre politique de la région avec les chutes des dictateurs en Égypte ou en Tunisie, et les soubresauts jusque dans les monarchies du golfe… en sus de la situation chaotique en Lybie…                                                                                                              Nous sommes à Daraya  quartier de la banlieue sud-ouest de Damas où revient pour les vacances un jeune étudiant en médecine, lequel souhaite renouer avec sa bien aimée sauf qu’un mariage arrangé est programmé avec un des thuriféraires du despote Bachar… Des amis l’entraînent à fréquenter la mosquée où bruisse une atmosphère effervescente de contestation et d’aspiration à la liberté… De défilés impressionnants en manifestations toujours plus novatrices contre la corruption, la révolution pacifique s’organise et prend de plus en plus d’ampleur, le parti baas vacille… On connaît l’issue sanglante de la guerre civile qui très vite embrasera tout le pays dans l’indifférence polie des pays occidentaux,le renoncement des uns ou l’impuissance de l’O.N.U. paralysée par les alliés de Damas, russes en particulier, et la tragédie des insurgés abandonnés de tous… Même les Casques Blancs, ces membres de la Sécurité Civile Syrienne extrêmement courageux qui risquent tous les jours leurs vies pour secourir les victimes de ce conflit qui s’éternise, sélectionnés pour le Prix Nobel de la Paix cette année, ne se verront pas reconnus… Dans ce contexte effrayant cette histoire d’amour impossible s’achèvera dans « la mort blanche », une arme chimique utilisée contre les populations désarmées…« La dame de Damas » publié chez Futuropolis, un scénario extrêmement documenté de Jean-Pierre Filiu, historien diplômé des langues orientales, ancien conseiller diplomatique de Jospin avec des illustrations de Cyrille Pomès aux tons sépia entre douleur et compassion  s’avère une bande dessinée d’une vitalité incroyable.                                                                                                                        Un coup de projecteur indispensable pour mieux comprendre l’actualité du Proche-Orient,  à lire de toute urgence.

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