Fratelli d’Italia

Deux frères que tout oppose: l’un au passé plus que trouble, ancienne chemise noire de Mussolini, petite frappe mal rasée du genre ténébreux, affairiste louche vaguement reconverti dans les combats de boxe douteux lequel n’a jamais donné la moindre nouvelle à sa famille, l’autre apparemment mieux intégré socialement qui débarque sans crier gare pour lui annoncer la mort de leur père dont il a recueilli les cendres dans une urne à charge pour lui, ou eux s’il accepte, de la rapporter au pays. Des années qu’ils ne se sont pas vus, qu’ils auraient tant de choses à se dire… mais aucun ne sait vraiment comment briser la glace et faire le premier pas… Des retrouvailles en forme de road movie dans une petite Fiat 500 comme on en voyait dans les films italiens époque glorieuse, avec son lot d’engueulades et de réconciliations, de non-dits, de secrets, de zones d’ombre, autant d’épisodes qui, tour à tour, dévoilent ou esquissent des relations fraternelles et plus largement familiales souvent conflictuelles dans le contexte géopolitique de l’immédiate après-guerre… Une intrigue qui creuse autant l’intime des personnages que le décor souvent aride dans lequel les deux frères s’apprivoisent à nouveau… avant un dénouement, le retour du fils prodigue incompris sur les terres des ancêtres, qui laisse un peu sur sa faim… « Come Prima » le roman graphique d’Alfred primé au festival d’Angoulême et publié aux Editions Delcourt sert de trame au B.D. concert éponyme proposé jeudi soir à la M.J.C. Les planches du livre s’animent avec en live la formation Splendor in the grass, un groupe bordelais de quatre musiciens, lesquels accompagnent les images comme au temps des débuts du cinéma muet. Des variations musicales pour accentuer un trait ici, souligner une atmosphère plus pesante là, une ligne mélodique à la fois suave et ouatée, un peu trop même, un emballage irréprochable qui enveloppe une histoire pas totalement convaincante… Au début le scénario embrasse large, moment le plus intéressant où chacun à un moment historique clé se doit de choisir son camp, mais perd assez vite en intensité avant un trop convenu happy end…

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