100% à Cro?

Un paléontologue redonne vie à un être humain préhistorique retrouvé miraculeusement congelé… On reconnaîtra tous le pitch d’une pièce des années 50 devenu dix ans plus tard un film avec Louis de Funès dans le rôle principal… sauf que le ressuscité se trouve être une femme et pas n’importe laquelle, puisque rien moins que Madame Magnon,  compagne du regretté autant que célébrissime Monsieur Cro dont la postérité ne s’est pas démentie depuis des millénaires… Et elle, enfin sortie de son anonymat, de déployer des trésors d’imagination pour s’exprimer dans de longues tirades,  revendiquer haut et fort sa place, toute sa place, voire même davantage, dans notre généalogie commune… tel est l’enjeu du spectacle présenté en fin de semaine au Théâtre du Chariot à Rodez. Donner corps et vie à une figure moderne, féminisme qui ne s’ignore plus, dire avec des mots, une gestuelle, des mouvements d’aujourd’hui la problématique de l’image compassée sinon plus qu’ultra-contraventionnelle du statut longtemps demeuré dans l’ombre de l’épouse, de la conjointe, de celle qui socialement n’était réduite qu’à femme de X, n’avait aucune personnalité propre. A fortiori donc quasi aucune existence réelle si ce n’est comme génitrice pour assurer la lignée, vaquant sans relâche aux taches ménagères etc… etc… « Madame Magnon le retour » texte de Catherine Praud, incarné sur scène par Alexandra Mori, jeune comédienne ruthénoise qui épanouira sa vocation dès  sa scolarité au lycée Foch, fait donc le pari de l’humour toujours en léger décalage dans  l’anachronisme des situations… Recette de la soupe d’époque, sanglier omniprésent comme clin d’œil malicieux à Astérix, chamane porté sur la boisson dispensateur de soins très aléatoires, invention fortuite du balai accessoire indispensable pour tenir la grotte conjugale toujours irréprochable, fourmis que l’on déguste à défaut de chocolat… etc, autant de moments qui balancent entre pertinence et caricature… On passe ainsi en revue le triptyque convenu cuisine, éducation, santé, « les constantes « -sic- auxquelles on ne coupe pas… Dommage que le texte support soit un peu plombé par du vocabulaire parfois trop trivial ou des clichés qui tombent à plat, car d’autres incises comme des références à la variété française ne manquent pas d’à propos réjouissant… Heureusement pour tenir le public en haleine, la détermination bourrée d’énergie, le punch à revendre de l’interprète incroyable d’aisance pour brosser en quelques mimiques grognements ou roulements d’yeux les différents membres de sa tribu familiale font merveille dans ce one woman show un peu hybride… On découvre crinière flamboyante et vêtue de peaux de bête à la griffe très contemporaine une femina sapiens pleine de promesses.

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