Auvers du décor

Qui ne connait Vincent Van Gogh, ses nombreuses toiles disséminées dans les plus grands musées, que l’on peut admirer un peu partout dans le monde? Qui ne se souvient de la composition hallucinante de Kirk Douglas dans le film de Vincente Minelli ou de celle tout aussi névrosée de Jacques Dutronc dans celui de Maurice Pialat… Nul n’ignore non plus combien il avait des relations aussi conflictuelles qu’inaliénables avec son frère Théo, lequel a longtemps assuré les besoins matériels du peintre. La très abondante correspondance qu’ils ont échangée pendant des années, plusieurs centaines de lettres, témoigne de ces liens intimes indéfectibles entre eux, la mansuétude faisant écho à l’exaltation, le pragmatisme au génie… « La passion Van Gogh » de Dorota Kobiela et Hugh Welchman prend prétexte d’une missive à remettre en mains propres à Théo pour dérouler un scénario astucieux où un jeune facteur improvisé va, peu à peu, découvrir la vie tumultueuse du peintre, incompris des uns, raillé par les autres… dont la mort à l’age de trente sept ans reste pour lui une énigme dont il cherchera à percer le mystère. Pour ce faire il se rendra à Auvers-sur-Oise, dernier domicile de l’artiste, à la rencontre de tous ceux qui à un moment ou un autre l’ont rencontré, dont le docteur Gachet personnage extrêmement ambigu… Cette quête toute d’humanité sur les traces d’une personnalité complexe est avant tout une plongée au cœur d’une oeuvre picturale foisonnante et novatrice. À tout cela s’ajoute le côté technique exceptionnel de ce long métrage d’animation, lequel a nécessité un travail colossal. En effet on y retrouve prés d’une centaine de toiles du maître hollandais transformées en peinture animée. Tous les plans ont été ensuite retravaillés et peints méticuleusement à la main par une équipe de 90 professionnels, lesquels ont essayé à la fois de rendre le coup de pinceau, la texture, les couleurs, pour tout dire l’âme de ces tableaux. Visuellement le résultat est époustouflant, on s’immerge littéralement dans le style Van Gogh, et les acteurs authentiques grâce à des prouesses technologiques réussissent à s’effacer derrière leurs portraits avec fluidité ce qui rend cette enquête passionnante à la fois fascinante et unique en son genre. Le générique de fin est un modèle du genre. Le film présenté en sortie nationale par les Amis du musée Soulages dans le cadre des 4 èmes rencontres Arts et Cinéma est encore à l’affiche au moins pour toute la semaine.

 

 

 

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