Molière malgré lui

Dès l’entrée on le sent, le Tartuffe de ce soir

En version hors du temps, pour sur, ça va se voir.

Ni décor ni costumes, mais toujours plus rapides,

Il faut qu’on s’accoutume… Interprètes sous acide!

 

Le héros si tragique de cette pièce en vers

Se révèle pathétique tout autant que pervers.

Débitant leur tirades et hurlant à tue-tête,

Des cris, des accolades, on en prend plein la tête!

 

Distribuée à tous la version intégrale,

Le public se trémousse, yeux rivés sur ce Graal …

Concentré sur le texte, pour mieux suivre l’intrigue…

Nonobstant le contexte, ou la fille prodigue.

Oubliant les acteurs complètement déchaînés,

Nombre de spectateurs en sont désarçonnés!

 

À fond, toujours à fond, ces jeunes comédiens

Sont tour à tour bouffons, lutins hollywoodiens,

Frêles amants tourmentés, hypocrite dévot,

Serviteur patenté ou esprit sans cerveau!

La troupe éphémère du théâtre Sorano

Se moque des chimères, de tous ces zigoteaux…

 

La voix toujours forcée, les courses, la diction

Pour certains panacée, voire même addiction,

Pour d’autres hélas, que dire, une telle représentation

Bien loin de les séduire vire à la déception.

 

Relookée très moderne, cette folle exubérance,

Vire un peu balivernes et beaucoup de souffrance.

Jadis mise à l’index, menacée de censure,

Cette comédie prétexte, comme une démesure,

Apparaît hystérie, fut-elle en bandoulière…

Foin de bondieuseries… Qu’en penserait Molière?

 

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