So Gould

La biographie d’une légende de la musique classique, le génie et le talent mêlés d’excentricité et de manies plus que bizarres… pour beaucoup un maître incontestable et un virtuose hors pair dont les interprétations ou enregistrements des Variations Goldberg de Jean-Sébastien Bach sont la référence absolue, lesquelles se vendent toujours autant depuis plusieurs décennies, un personnage aussi énigmatique que fascinant, voilà comment on pourrait résumer le superbe roman graphique de Sandrine Revel « Glenn Gould, une vie à contretemps » paru chez Dargaud. S’il fourmille d’anecdotes sur l’univers surprenant de cet artiste un peu border line comme sa volonté de toujours jouer sur la même chaise pliable de concert bricolée par son père aux pieds multi-ajustables, ou son piano Steinway dont il voudra toujours améliorer la musicalité pour en extraire le son parfait… sa passion surprenante pour Pétula Clark ou son affection pour ses animaux de compagnie: chiens, lapins et autres poissons rouges ou perruche tous baptisés de noms de compositeurs plus prestigieux les uns que les autres tels Bach bien sûr mais aussi Beethoven, Haydn, Mozart ou Chopin… l’essentiel de cette B.D. s’attache à essayer de cerner l’homme au-delà de son image d’icône de concertiste brillantissime. Son accident cérébral de l’automne 1982 et qui va rapidement l’emporter est le point de départ de nombreux flash-back au fil de sa vie, depuis son comportement atypique dans son enfance jusqu’aux relations houleuses ou carrément asociales qu il mènera en tant qu’adulte dans le monde très policée de la musique… ses sautes d’humeur, son côté torturé au possible, son souci de perfection inaccessible ou sa volonté de cesser très tôt de se produire sur scène donneront de lui une image tout sauf consensuelle… Son obsession des médicaments, son comportement très replié sur lui-même, son incapacité maladive à communiquer sont autant de clés pour comprendre l’individu, percer ses secrets et en découvrir toute la complexité… Des planches très soignées, un scénario fluide et des couleurs toujours en demi-teintes en parfaite adéquation nous font découvrir les multiples facettes et l’intimité de ce pianiste subtil autant que déconcertant, ce que la discographie commentée en annexe prolonge intelligemment.                                                                             Ce livre est un must pour les fans comme pour les néophytes.

Publicités
Cet article, publié dans B.D., est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s