Bande à part

Un camp de réfugiés à Gaza au début des années 2000… C’est là dans l’insouciance de leur enfance que quatre enfants, un frère, sa sœur et deux copains se retrouvent régulièrement pour jouer de la musique ensemble et partager des  rêves d’un avenir meilleur…  Ils se jurent de devenir un orchestre célèbre et de changer ainsi à jamais et leurs avenirs individuels et celui de leur pays la Palestine, se faisant la main en animant des fêtes ici, des mariages là… Les années ont passé, leurs espoirs les plus fous se sont évanouis, la vie ne les a pas épargnés et le groupe a éclaté: la jeune fille est décédée suite à des problèmes rénaux, l’un des garçons s’est métamorphosé intégriste, un autre survit de petits boulots… seul le chanteur à la voix d’or devenu chauffeur de taxi pour gagner sa vie et s’offrir l’université n’a pas perdu toute espérance… Son projet insensé: participer à Arab Idol, un concours de chants télévisé et diffusé depuis Beyrouth, lequel passionne l’ensemble du monde arabe. Problème il faut d’abord passer les sélections au Caire, la frontière est infranchissable, blocus israélien oblige, et les très rares visas ne sont délivrés qu’au compte goutte etc… Grace à sa volonté indestructible et à un coup de pouce du destin, il parviendra à ses fins gagnant sa place pour l’épreuve finale où sa personnalité, sa prestance, son timbre de voix et le choix de ses chansons puisées dans un vaste répertoire  allant du plus traditionnel au nationaliste résolument engagé- en finale il interprétera un hymne à la gloire de l’unité des Palestiniens- lui vaudront non seulement la victoire mais une popularité immense et un fort retentissement international… Un buzz démultiplié qui attire l’attention de l’opinion mondiale, fait la fierté de tout un peuple scotché chaque semaine devant le petit écran  et popularise enfin une image positive, celle de la culture triomphant des conflits égoïstes… Mohammed Assaf sera ainsi nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’O.N.U. pour la Paix et les Réfugiés de Palestine au Proche-Orient, un passeport diplomatique qui l’autorise à voyager partout dans le monde mais paradoxalement lui interdit d’aller et venir là où il a  grandi, la bande de Gaza, devenue au fil des ans une vaste prison à ciel ouvert… C’est ce destin exceptionnel que nous raconte « Le chanteur de Gaza », long métrage de Hany Abu-Assad, tout un symbole que d’offrir via le chant sa voix pour un peuple qui peine tant à se faire entendre… Ce film aussi enjoué que poignant est encore à l’affiche aujourd’hui au Cap Cinéma de Rodez …

 

Publicités
Cet article, publié dans Cinéma, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s