Lady sans gentlemen

La vie extravagante et passionnante d’un personnage hors du commun, celle de l’auteure la plus lue dans le monde selon l’Unesco, juste après Shakespeare et la Bible, traduite  dans le monde entier et publiée à des centaines de millions d’exemplaires… tel est le sujet de « Agatha » sous-titrée la vraie vie d’Agatha Christie, parue chez Marabulles, une bande dessinée d’Anne Martinetti et Guillaume Lebeau pour le scénario, toux deux spécialistes de littérature criminelle,  illustrée par  des dessins d’Alexandre Franc. Une biographie qui débute par la disparition  d’une dizaine de jours de la romancière en 1926, et qu’elle n’a jamais voulu totalement explicitée, puis flash-back et on remonte le cours de la vie particulièrement mouvementée et  intrépide de la reine incontestable du crime,  du « whodunit« , ce rituel et passage obligé pour résoudre des énigmes toujours plus ambiguës… Avec cet ouvrage très documenté et accompagné d’annexes repères, les auteurs insistent surtout sur la vie privée de celle qui fut d’abord une aventurière audacieuse partant pour de longs voyages, participant à des fouilles archéologiques d’Égypte en Irak, effectuant très tôt un premier vol au temps des débuts balbutiants de l’aviation, s’essayant au surf à Hawaï dans les années 20 etc… mais aussi s’impliquant comme infirmière volontaire pendant la première guerre mondiale… Une féministe avant l’heure, laquelle sera anoblie sur le tard par la Reine Elisabeth elle-même, avant une consécration pour la  postérité avec sa statue en cire au célèbre  musée Madame Tussauds à Londres…  La biographie très riche d’une femme moderne souvent déçue par ses différents maris, mais surtout ludique à souhait car ponctuée des apparitions récurrentes d’Hercule Poirot ou Miss Marple, ses deux héros emblématiques avec qui elle entretient des relations très équivoques, entre fascination, respect et une certaine inimitié car leurs propres renommées lui échappent de plus en plus  et  tendent à éclipser sa propre personnalité… Ces rapports complexes entre  l’écrivaine  et ses créatures de fiction se révèlent des indices semés ça et là pour mieux comprendre son univers… Sa vie romanesque se décline en une succession de doubles pages pour illustrer les moments clés de sa vie… On apprend ainsi une foule d’anecdotes ou de détails qui sont à l’origine de ses œuvres parmi les plus célèbres ainsi que ses réactions teintées d’un humour so british vis à vis d’ Hollywood car très vite le cinéma portera à l’écran ses histoires délicieusement alambiquées devenues miroirs d’une certaine époque…                                                           Une B.D. particulièrement réussie.

 

 

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