Premier de Corée

Le paradis sur terre n’existe probablement pas l’enfer si… Il se trouve en Corée du Nord, patrie du « Père bien aimé », du « Commandant invaincu à la volonté de fer », de « l’Étoile brillante du mont Paeku » voire du « Dirigeant mondial du XXIème siècle », quelques-uns des titres de célébrité plus farfelus les uns que les autres dont s’est auto-attribué Kim-Jong-il , un pays où les dictateurs les plus fous se succèdent de père en fils depuis près de 70 an ! Un régime de délation forcée, de famine endémique et de travail obligatoire où glorifier le leader suprême est un passage obligé de tous les instants, accompagné comme il se doit de la dénonciation publique « des fantoches du Sud et des sales chiens d’américains » … La bande dessinée signée Aurélien Ducoudray pour le scénario et Mélanie Allag pour les dessins et la couleur est une plongée apocalyptique dans un monde concentrationnaire ou ne règnent qu’arbitraire et corruption, mégalomanie et injustice, le tout raconté par un jeune enfant de 8 ans, chef des jeunesses patriotiques de son quartier, né le même jour que ce cher Kim, dont l’anniversaire est la seule fête autorisée … Son enthousiasme révolutionnaire va très vite se heurter à la réalité du quotidien, d’autant plus quand il apprend que ses grand-parents paternels supposés décédés ont en fait fui vers le Sud honni… La fraîcheur et l’insouciance des premières planches laissent très vite place à des images d’horreur, lesquelles culminent avec la description de la vie au camp de Yodok , le plus grand goulag du pays où les conditions de survie sont épouvantables, où le froid, la faim et la maladie déciment les prisonniers… Très vite la seule issue possible pour le jeune héros et sa famille sera d’essayer de s’enfuir, gonfler les rangs des « chosunyok », ces réfugiés nord-coréens complètement démunis qui essaient par tous les moyens de rejoindre, via la Chine, l’autre Corée. Une épopée terrifiante qui glace le lecteur d’effroi tant les détails s’accumulent pour toujours plus de folie et de délire, où l’on apprend par exemple que  chaque maison où le dictateur s’est un jour arrêté doit être laissée en l’état avec plaque commémorative, photo et citation gravées pour l’éternité!!! « L’anniversaire de Kim-Il-jong » s’impose comme un récit d’une grande intensité pour dénoncer un régime aussi ubuesque que sanguinaire. À hauteur d’enfant,ce qui ne le rend que plus poignant…                                                                                                        À emprunter de toute urgence à la médiathèque de Rodez.

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