Débranche

Ils sont partout… dans nos villes, dans nos campagnes, comme des envahisseurs … euh, non pas ça… On les reconnaît à leur dégaine, leur allure, leur vocabulaire… On les retrouve avachis dans le canapé du salon en version multitâches, tablette dans une main, l’autre à pianoter sur l’ordinateur familial qu’ils squattent à temps plein… ou un peu hagards déambulant dans les rues au gré d’un GPS, musique à fond dans les oreilles, l’œil rivé sur l’écran de leurs smartphones… Un peu perdus peut être, mais toujours connectés pour sûr… Ils se sont baptisés la génération Y, car ils sont tombés tous petits dans la marmite de la potion informatique et depuis y barbotent en permanence… les djeuns en général: potaches pré-pubères, adolescents attardés ou geeks plus ou moins trentenaires… Un virus leur a été inoculé à l’insu de leur plein gré… Tour à tour vaccinés, infectés, immunisés, mais jamais vraiment guéris, ils ne jurent plus que Facebook, Google, et autres réseaux sociaux… toujours à envoyer des selfies, des textos, des SMS, des smileys… Les posters de Bill Gates ou de Steve Jobs dans leurs chambres ont remplacé Che Guevara, Freud ou Jésus… Bienvenue dans l’univers 2.0… C’est tout cela que la Cie Chronique jeune troupe bordelaise de seulement deux ans d’ancienneté a présenté hier sur la scène de la Baleine dans le cadre du Festival Premier Acte,  neuvième édition. La pièce «  E-Generation » de Jean-Christophe Dollé est une suite de sketchs sur ce thème avec en gimmick le dialogue imaginaire de deux personnages dévorés de solitude en quête de rencontre… Des situations très disparates pour un résultat assez mitigé. Si certains moments sont plutôt réussis comme sur la difficulté de communiquer dans « la vraie vie » ou la dictature de l’image, d’autres en revanche dégagent franchement de mauvaises odeurs comme le discours sur le théâtre ou les homos par exemple, mais heureusement on a évité la tirade du c’était mieux avant … Ce monde virtuel où l’on dérive de faux amis en relations superficielles est un bon sujet et il y aurait beaucoup à dire, mais, hélas, ce texte manque par trop d’épaisseur, inabouti souvent et avec un tel lot de clichés ou de poncifs qu’on a vraiment du mal à y adhérer. Et pourtant les comédiens qui ont bien l’âge de leurs rôles mettent du cœur à l’ouvrage et ne ménagent pas leur énergie, apostrophant le public ici, dansant ailleurs, se démultipliant toujours, mais cela ne suffit pas.                                                                                                                        Un spectacle mis en scène de façon  fluide, pas inintéressant, pas passionnant non plus.

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