24 heures chrono

Urgent, urgentissime même… Pas une seconde à perdre… Une transplantation pour s’assurer du maximum de réussite se doit d’être réalisée dans les temps les plus brefs possibles et dans les meilleures conditions après la mort cérébrale du donneur… Un laps de temps ultra-court pour, entre autres démarches, aussi bien recueillir le consentement des proches accablés de douleur que pour l’agence de biomédecine laquelle se doit de trouver un receveur compatible… Une course contre la montre donc qui nécessite une coordination de tous les instants, une chaîne humaine avec de très nombreux intervenants où de l’implication de chacun dépend le succès ou non d’opérations extrêmement complexes et délicates … Maylis de Kerangal a publié un roman sur le sujet « Réparer les vivants » le 1er janvier 2014 aux éditions Verticales, depuis il est paru en poche chez Folio et en version cinéma à l’automne dernier réalisée par Katell Quillévéré. Adapter ce texte pour le théâtre était juste un pari insensé, se l’approprier jusqu’à l’intime pour en incarner une version seul en scène un tel défi, une gageure incroyable… Emmanuel Noblet a réussi au-delà de ce que l’on pouvait imaginer avec rigueur, intelligence, méthode, ferveur, pudeur… l’Humain à son meilleur… Un hymne à la vie auquel ne manque ni  palpitation, ni pulsation, ni battement, où désir et terreur se font écho, où cette mort subie et si injuste, inacceptable et insupportable… avant d’être acceptée ne peut se transcender que dans le don pour autrui. Où de l’accablement naît le courage, où la dignité des uns fait le bonheur des autres… Dès son entrée, jeune insouciant croquant la vie avec la force de sa jeunesse, surf sous le bras, jusqu’au final en chirurgien hâbleur, tifoso inconditionnel de la Squadra Azzurra, « bras de catcheur mais doigts de dentellière », chaque personnage est brossé avec justesse, douceur et un immense respect qui forcent l’admiration. Le comédien décline une palette vocale d’une infinie variété pour donner à chacun le ton absolument exact, rendre les émotions qui l’habite à l’instant T, l’effroi ou la solitude, le désarroi profond ou la culpabilité indicible… Vidéos d’échographies ou de scanners à l’appui projetées en fond sur un écran, une blouse, deux chaises… suffisent à cet acteur étonnant, et metteur en scène particulièrement inspiré, pour nous tenir en haleine dès les toutes premières minutes. Que ce spectacle vu hier soir à la MJC de Rodez soit sélectionné pour un Molière 2017 à la fin du mois n’est qu’ amplement mérité tant il est remarquable de bout en bout.                                                           Intense et brillantissime, probablement un des tous meilleurs depuis des années. Inoubliable. EXCEPTIONNEL !

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