Terra, pace, umani

Salle comble à l’Amphithéâtre de Rodez pour le retour d’I Muvrini près de quatre ans après leur dernier passage. Même passion partagée, même communion, même message, même ferveur. Cette tournée intitulée « Invicta, musique pour la non-violence », se nourrit toujours des mêmes exigences : respect de l’autre, écologie responsable, solidarité entre les peuples et pacifisme militant. Des valeurs essentielles pour préserver la terre, ses ressources naturelles et les hommes qui l’habitent. Aussi on n’est pas surpris que le spectacle commence par quelques paroles de Jean- François Bernardini rappelant l’importance des océans ou des forêts qu’il faut absolument protéger pour assurer un avenir à notre planète, invitant ensuite le public « à prendre le maquis dans la tempête avec un verre plein d’espoir et d’insolence au cœur... » Un excellent résumé de qui allait être une soirée mémorable, un récital vibrant d’humanisme d’un groupe engagé qui se revendique autant corse ancré dans ses racines que citoyen du monde ouvert aux autres. La cithare indienne fait écho au djembé, l’accordéon dialogue avec la batterie ou la cornemuse. Majoritairement chanté en corse bien sur, langue potentiellement menacée, le concert s’enrichit d’explicitations en français mais aussi de refrains en basque ou en baoulé de Côte d’Ivoire. Les chœurs polyphoniques se mêlent d’ accents plus modernes et c’est dans cette atmosphère baignée de sérénité et de bienveillance, du zen absolu, que l’on parle aussi bien de la mal bouffe qui envahit nos assiettes et surtout les cantines de nos enfants, des Défenseurs des droits des peuples autochtones ou de l’environnement, lesquels subissent par trop injustice, répression ou massacres ou des réfugiés qui meurent en Méditerranée …La diversité culturelle devient synonyme de promesses, la fraternité ciment d’un «village de confiance». Parmi les moments les plus forts: la reprise de la Ballade nord-irlandaise de Renaud qui donne le frisson, l’ hymne à ma sœur musulmane, modèle de douceur solidaire, ou la chanson dédiée au martyr syrien Ghiath Matar et à ses camarades résistants de Daraya sur des images effrayantes d’Alep dévastée…                                                                                                   Pour conclure ce magnifique concert de convictions et de générosité, l’orchestre enlacé déploie sur scène une immense banderole sur laquelle on peut lire: « C’est maintenant que tout commence » accueillie par une standing ovation d’un enthousiasme incroyable! Trois heures de retrouvailles qui donnent du baume aux cœurs et aux âmes.

 

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