De frime abord

Hier à la Baleine était présenté « In the middle  », une création chorégraphique de Marion Motin pour la compagnie Swaggers. Ce terme que l’on pourrait traduire par rouleur de mécanique, fanfaron en mal de reconnaissance ou crâneur bravache colle en effet très bien à ce spectacle qui se veut du « hip-hop nouveau classieux et alternatif » si l’on en croit la présentation telle que décrite sur le programme. Pour être plus clair c’est un groupe exclusivement féminin, six danseuses et une chanteuse qui vocalise de temps à autre pour accompagner, introduire ou être à contre-emploi une succession de moments très divers noyés dans des musiques hétéroclites lesquelles vont de l’électro très métallique au cantique quasi mystique à faire se pâmer Christine Boutin elle-même via des flamencos improbables et autres… Une palette vraiment grandement ouverte pour proposer plusieurs approches possibles mais qui in fine s’avère plutôt fourre-tout partant dans tous les sens … Toutes de noir vêtues, version commando de desperados tout droit sorti d’un western spaghetti, mais avec quelques touches anachroniques du meilleur goût… sous un stetson non poussiéreux, elles portent une longue tunique sur un justaucorps seyant et un pantalon légèrement souligné d’une bande verticale plus lumineuse et chaussures basses ou plates, confortable et chic, un côté Zorro canaille autant que séduisant à même de raviver nos souvenirs, pour se déplacer harmonieusement en groupe ou au contraire le jouer en solo décalé… Dans ce spectacle tous azimuts, la lumière est un élément à part entière particulièrement important en ce sens qu’il découpe, isole, enveloppe ou efface chaque personnage pour en souligner la force, la vanité ou l’outrance dans un halo tantôt bienveillant tantôt ironique lequel bouleverse en permanence les repères ou les certitudes… Un patchwork de break, de hip-hop, de gym zen voire de postures yoga sur une bande son qui remixe en version ludique concentré des sonorités très éclectiques pour un résultat franchement mitigé. Le côté m’as-tu-vu ostentatoire parasite par trop la débauche d’énergie et l’enthousiasme des artistes. Plus un exercice de styles où l’esbroufe tient lieu de fil conducteur.

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