Ceylan, c’est loin…

Hasard du calendrier, en ce jour de fin de trêve hivernale, c’était justement d’expulsion de son logement pour dettes accumulées de près de 50 000 €, loyer, électricité etc… dont parlait le film présenté hier à 18 heures à la médiathèque de Rodez. La famille Kamalanathan ce sont les parents qui ont fui la guerre civile entre tamouls et cinghalais qui a ravagé leur pays, le Sri Lanka, pendant plusieurs décennies, et leurs trois enfants nés en France. Depuis quelques années, la famille s’est installée à Paris dans le XXème arrondissement et, parfaitement intégrée, pour vivre, fait dans le commerce, ayant ouvert à la fois un restaurant où l’on sert la cuisine du pays et une petite épicerie ouverte dès le matin 9 h 30 et bien au delà de minuit avec appartement au-dessus. Sauf que la crise économique est passée par là et que les recettes engendrées par les deux structures ne suffisent plus à régler les échéances malgré ces horaires de travail à rallonge. Aucun « hôtel social » n’ayant de chambre disponible, seule solution se réfugier dans l’arrière-boutique et, entre les rayons, trouver sa place pour étudier ici, faire la cuisine là ou ailleurs dormir comme on peut… « Dayana mini market » de Floriane Devigne s’attache ainsi à filmer le quotidien de cette famille et plus particulièrement le père qui continue à s’approvisionner tant bien que mal à Rungis, la mère qui jongle avec les factures et leur fille qui fait des études hôtelières tout en rêvant comme nombre d’ados de son âge de concours de Miss… Solidarité dans l’adversité et respect des traditions du pays d’origine, comme la cérémonie au temple pour le chien mais aussi du pays d’accueil comme les feux d’artifices de nouvel an, et volonté inébranlable pour se sortir de cette mauvaise passe sont les ingrédients de ce documentaire filmé à bonne distance, respect des personnes et pudeur pour ne pas tomber dans le sensationnel ou le misérabilisme. Saris et tikas cohabitent avec les vêtements mode et en prime de délicieuses séquences avec effets spéciaux qui lorgnent vers la comédie musicale made in Bollywood, musique sirupeuse et chorégraphies adéquates pour exprimer autrement le ressenti le plus intime. Une subtile façon de combiner douleur de l’exil et nouvelle vie à inventer sans oublier ses racines.             Ce film produit par Arte donne à voir une autre image des réfugiés, réconfortant par les temps actuels.

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