Veillée funèbre

Soit une vénérable maison de retraite prospère dont le nom «Les Charmilles» tinte voluptueusement aux oreilles de chacun dans laquelle une vieille dame richissime vient de mourir… Aussitôt l’infirmier vertueux s’empresse de prévenir qui de droit: des membres de la famille à sa directrice volcanique… Débarquent alors dans l’établissement plusieurs personnages: d’abord à l’improviste, un jeune homme ami du soignant vigilant cherchant un endroit où passer la nuit, puis les proches de la défunte: sa fille aussi névrosée que versatile ou le frère aristo vénal déchu et sans scrupule… Tous pour des raisons opposées veulent régler les obsèques au plus vite: l’une parce qu’une place libérée, c’est du manque à gagner, et surtout la parentèle bénéficiaire -où il est de tradition que tous portent un prénom commençant par V-, impatiente de se partager un héritage supposé florissant… aussi vicieux et véhément que chez les Troadec mais en moins violent…voilà comment on pourrait rapidement résumer l’intrique de la pièce «Momentanément décédée» de Hugo Rézeda proposée hier soir par la troupe Stichomythies & Compagnie. Avec la succession de quiproquos attendus, c’est un vrai pari à relever que de vivifier une comédie poussive en la surjouant à l’excès avec des comédiens volubiles, vibrionnant ici, virevoltant là, vociférant au besoin pour jouer sur le décalage d’ une situation qui d’originellement dramatique dérape insidieusement vers une farce vénéneuse… Faire de la chambre mortuaire le lieu des confrontations et tout spécialement du lit dont on se doit d’éjecter la dépouille le passage obligé pour tous les personnages pour y révéler les tendances vindicatives des uns ou la vulnérabilité des autres… Un côté loufoque et iconoclaste assumé où même les tendances nécrophiles sont possibles, d’autant mieux rendu que ce spectacle se joue dans l’ancienne chapelle Saint Joseph totalement rénovée. Quoi de plus authentique en effet pour enterrer un disparu auquel chacun accompagné par un croque-mort de circonstance est encouragé à rendre hommage avant de prendre place dans le public… Un spectacle mitigé où le volontarisme des acteurs est néanmoins à souligner. La pièce est reprise dès ce soir au même endroit à 21 heures puis régulièrement une fois par mois jusqu’à l’été.

 

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