Rodez solidaire

Le hasard fait bien les choses. Dans le cadre de l’opération « Tous unis contre la haine » se déroule en ce moment une semaine d’éducation et d’actions contre le racisme et l’antisémitisme avec comme temps fort à la Maison des Jeunes de Rodez la projection de plusieurs courts métrages sur ce thème. Hier, presque au même moment, on pouvait applaudir à l’Amphithéâtre Tryo en concert, groupe dont l’engagement citoyen est une marque de fabrique, mais aussi au Club, conjointement organisée par Oc live et le C.A.D.A. -Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile- une soirée festive avec musique transbalkanique et albanaise traditionnelle avec des réfugiés originaires de ce pays. Du théâtre enfin, sur la scène de la M.J.C. hier soir, avec «Le journal de Suzie» l’adaptation par Emma Savy d’un texte écrit à l’origine dans le cadre du Concours de la Résistance et de la Déportation et qui fut primé…Décor a minima: une table, quelques chaises, un banc et un vieux poste TSF tout droit sorti d’un grenier pour l’ambiance sonore: voix de Pétain ou du Général de Gaulle, poème de Verlaine annonçant le débarquement ou premières notes de jazz américain…Pour faire vivre le quotidien d’une adolescente dans ce contexte historique la troupe «Les Sept de table», des passionnés dont certains avaient participé l’année dernière au projet « Sniper avenue », une pièce évoquant la vie pendant le siège de Sarajevo dans l’ex-Yougoslavie durant le conflit des années 90, remarquable de justesse et d’humanité. Des qualités que l’on retrouve à nouveau avec ce nouvel opus, un environnement tout aussi dramatique où le combat de certains fait écho à la résignation des autres et où la désobéissance peut être preuve d’un grand courage… Ces longues années de guerre sont enracinées dans notre ville au travers d’un journal de bord tenu par la toute jeune Suzanne Delmas, son père très tôt mobilisé puis fait rapidement prisonnier en Allemagne, sa mère faisant de son mieux, son frère révolté et leurs copains dont une jeune fille juive allemande réfugiée, laquelle sera raflée, expédiée à Drancy et in fine périra à Theresienstadt… Tour à tour face au public les différents personnages se confient sur leurs espoirs ou leurs doutes comme autant de rebondissements pour rendre palpable l’intime de chacun jusqu’au dénouement, au son d’une mélodie jouée en live au violon par Margot Villaret elle aussi à l’origine du projet, tout cela ne manquait pas d’évoquer de terribles souvenirs.                                                                                                           Les jeunes comédiens tous rayonnants de spontanéité et de fraîcheur défendent ce récit ambitieux avec beaucoup de conviction.

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