Interdits d’aimer

Le cinéma américain rend régulièrement hommage à des personnalités, Harvey Milk par exemple il y a peu, qui, par leurs engagements sans faille ont changé le cours de l ‘Histoire. D’autres, plus anonymes, n’en ont pas moins eux aussi réussi bien au-delà de leurs cas personnels à faire évoluer le monde vers une société plus respectueuse, plus juste et plus égalitaire. Richard Loving et sa femme Mildred sont ainsi les héros contraints d’une affaire qui leur échappera peu à peu mais bouleversera à jamais les mœurs des États-Unis en établissant une jurisprudence laquelle, via la Cour Suprême, modifiera la Constitution… Nous sommes en Virginie à la fin des années 50, la ségrégation raciale plus ou moins latente y est encore la règle et les amours mixtes strictement interdites bien évidement au nom de Dieu… Dans ce contexte étouffant d’un post-esclavagisme rampant, un blanc, ouvrier du bâtiment s’affichant ostensiblement aux bras d’une jeune femme noire, travaillant dans les champs, ne manque pas de susciter jalousies sous-jacentes et dénonciations anonymes. Tout cela vaudra au couple brimades, arrestations et même bannissement de leur propre état malgré un certificat de mariage en bonne et due forme établi à Washington D.C., lequel trône bien encadré dans l’entrée de leur maison. Avec le soutien du Mouvement des Droits Civiques qui s’affirme de plus en plus à cette époque, leur amour restera indestructible et parviendra à triompher de toutes les barrières administratives, légales, psychologiques etc… Un couple d’une discrétion exemplaire, lui plutôt taiseux et résigné, elle solaire et plus combative qui transformera leur complicité et leur solidarité en une incroyable force, toute de volonté et de détermination. Le film montre aussi la puissance émergente des médias US. -magazine ou télévision- lesquels, en donnant un large écho à ce cas individuel participeront aussi à modifier la sensibilité de la population du pays, pour une société plus ouverte et tolérante. Un nom prédestiné, une vieille voiture noire et blanche modèle Victoria, autant de petits détails qui ne s’inventent pas et qui font de «  Loving » ce film de Jeff Nichols avec Joel Edgerton et Ruth Negga particulièrement inspirés une leçon d’humanité bienveillante toute de délicatesse parfaitement résumée dans la toute dernière image extraite des archives de Life. Excellent.

 

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