Ch’ti j’avais su…

Nous sommes dans le Nord de la France, une petite ville semblable à beaucoup d’autres, avec ses maisons de brique alignées façon coron, les commerces ferment les uns après les autres, population vieillissante et chômage en augmentation. C’est là que vit une jeune infirmière à domicile toute dédiée à ses patients, à sa famille aussi puisqu’elle élève seule ses deux enfants, tout en veillant sur son père veuf, ancien syndicaliste et militant communiste. Tout le monde la connaît, elle y est née, son dévouement sans limite, son courage, sa détermination, son caractère bien trempé, autant de qualité humaines qui forcent le respect… Les élections municipales approchant, elle est contactée par un notable médecin bien sous tous rapports en qui elle a confiance, lequel parviendra à la convaincre de s’engager en prenant la tête de liste pour son parti, une formation d’extrême droite qui ne dit pas nom mais en épouse tous les refrains les plus réactionnaires, le racisme le plus épais le disputant à la xénophobie revendiquée, les méthodes musclées allant de pair avec la stigmatisation des opposants. Toute ressemblance avec une formation politique trop bien connue n’est absolument pas fortuite d’autant que sa leader nationale en clone blonde flanquée de son escouade d’experts en com et autres, récite inlassablement le même discours de haine de meetings en interviews. « Chez nous » de Lucas Belvaux dresse un portrait glaçant de cette galaxie multiforme où derrière une image policée survendue s’agitent en coulisses propagandistes notoires, commandos de skinheads, néonazis et autres… la fachosphére dans toute sa splendeur, de la plus présentable réputée dédiabolisée, aux pires dérives, coups bas et manipulations comprises, le discours ripoliné convenu de circonstance n’étant que la face immergée de l’iceberg… Tous les comédiens sont parfaits en particulier Émilie Dequenne vibrante de générosité abusée ou André Dussolier onctueux et machiavélique à souhait.                       Un film indispensable à voir absolument surtout en cette période électorale troublée tout en profitant du printemps du cinéma avec séances à 4 €.

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